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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 22:26

Hamon est en tête de la primaire de « gauche », et même si ce n’est pas tout à fait une surprise, je considère que c’est un évènement important.

C’est la première fois qu’on peut voter pour le revenu de base. On en dit beaucoup de choses, on peut pervertir l’idée dans les détails de la mise en œuvre, ou en fonction du montant. On peut préférer une franche réduction du temps de travail. On peut discuter sans fin du financement. Au fait, épargnez moi les mêmes trucs qu’au 20è siècle svp : « la sécurité sociale, c’est pas possible, ça va coûter trop cher », « le salaire minimum c’est pas possible, ça va coûter trop cher », « les congés payés c’est pas possible, ça va … », « les deux jours de repos par semaine, c’est pas poss… », bon j’arrête là, vous m’avez compris. Si on ne sort pas du carcan imposé par les libéraux qui veulent nous maintenir au boulot toute notre vie, on ne va pas s’en sortir. Donc, avec Hamon, au moins, on peut faire avancer le débat, et rompre à toute force avec le modèle productiviste croissanciste qui nous mène dans le mur.

C’est aussi une des rares fois où un candidat dit : « je ne sais pas tout, je me ferai aider », et puis aussi : « je n’ai pas tout figé, j’ajusterai en fonction de l’expérimentation du début, et en fonction des débats ». Intéressant quand même, non ? C’est à ça qu’on juge un manager correct dans une entreprise ou dans toute organisation. Pourquoi on attendrait d’un président qu’il ait tout décidé sur tout avant l’élection ?

Et puis, très franchement, mettre une bonne baffe électorale à Valls, qu’est-ce que ça m’a fait plaisir hier ! Alors dimanche prochain, je remets ça !

Lundi prochain, je réfléchirai à l’union compliquée Mélenchon-Hamon-Jadot, mais là pour l’instant je savoure !!

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 11:15

Comme à chaque fin décembre, je fais mon petit bilan annuel. Cette année, c’est particulièrement… contrasté !

Commençons par ce qui n’était (n’est) pas terrible, comme ça on finira par une touche optimiste… enfin peut-être…

Cette année m’a montré (à nouveau) à quel point nous sommes tous fragiles. Tout peut aller bien ou presque, et d’un coup, un souci de santé peut vous rappeler brutalement que vous n’êtes pas si solide que cela… En ce mois de décembre, la famille a son lot de problèmes de santé, avec des annonces quasi simultanées… Pas d’étalage sur ce blog, évidemment… Si on ajoute que des collègues ont eu également leur lot de problèmes de santé, eux-mêmes ou dans leur famille, cela a bien plombé la fin d’année…

Alors du coup, tout cela m’a fait penser, au moment de Noël, qu’il faut profiter des siens le plus possible, parce que c’est bien cela qui compte. Sauf que… cela m’a bien fait penser aussi à ceux que je ne vois plus et que je n’entends plus au téléphone, sans savoir pourquoi… En fait, jusqu’à cet été, je ne comprenais pas pourquoi et cela me faisait de la peine. Alors cet été je leur ai dit. Et depuis, plus de nouvelles… Enfin, pas plus qu’avant, mais du coup maintenant, je sais qu’ils savent… Enfin bref, je ne sais pas si vous suivez, mais vraiment, cette fin d’année est douloureuse…

Si je remonte un peu à l’automne, je ne peux que repenser à cette période difficile au boulot, où la direction a voulu licencier une collègue en arrêt maladie (on tourne encore autour de la maladie…). La mobilisation d’un collectif de salariés a permis d’éviter ce licenciement, mais au passage les évènements ont fait remonter énormément de choses liées au mode de management, et nous avons passé 1 mois et demi très difficile, sans savoir ce qui allait se passait… Tout cela m’a aussi refait penser à l’année 2010 à Thomson, avec un conflit compliqué, toutes proportions gardées, et les mêmes difficultés d’un collectif de salariés à rester unis dans un climat de stress. (Et j’ai toujours ces pensées douloureuses pour Jean-Luc, parti trop tôt…) Désormais la situation est apaisée, puisque la direction a été écartée, mais tout n’est pas totalement clarifié : il y a encore de l’inquiétude, du flou sur l’avenir. Le premier trimestre 2017 sera déterminant, et probablement éprouvant…

Si je remonte encore, je trouve du positif : un boulot intéressant, avec une évolution rapide qui me plait (et accessoirement qui permet à la famille de boucler le budget mensuel !!). J’ai eu de la chance d’avoir cette opportunité. Il faut que j’arrive à garder le positif de cette année, mais j’ai du mal. Même en pensant à ce boulot intéressant, je ne peux pas m’empêcher de penser à mes horaires à rallonge, aux mails qu’il faut que je traite le soir pour ne pas être débordé, aux difficultés du moment pour réorganiser l’équipe sans direction, aux urgences et aux problèmes du quotidien qui prennent la tête lors de mes innombrables insomnies, aux samedis travaillés… Bref, ce boulot intéressant a des contreparties peu joyeuses… Je retrouve en partie la situation que je voulais fuir en 2010-2011, lors de ma première reconversion. Tout l’enjeu de 2017 sur le plan professionnel sera d’arriver à gérer cette situation pour trouver de la sérénité dans le travail… ce ne sera pas une mince affaire… Est-il possible d’avoir un travail intéressant sans qu’il nous bouffe ? Est-il possible de trouver un compromis entre vie professionnelle et vie privée ? Pas sûr…

Mais sortons de ma petite vie pour regarder ce qui s’est passé dans le monde cette année… ah merde… Trump, et le Brexit. Deux votes incroyables, surréalistes. Le populisme gagne. Les gens deviendraient-ils fous ? Je n’ose pas répondre à cette question. Ils sont désespérés, assurément. La faute aux irresponsables qui gouvernent sans considérer les gens, assurément. La faute aux possédants qui ne veulent pas partager, assurément. La faute aux médias (qui appartiennent aux possédants) qui nous font croire qu’il n’y a pas d’autre solution que de se serrer la ceinture, assurément. Mais alors que faire ? Je ne sais pas, mais je crains pour avril-mai 2017 en France…

Quoi d’autre dans le monde ? Le terrorisme partout, et la Syrie, Alep. Le Yémen. Le Soudan du Sud. L’Erythrée. La barbarie, encore et toujours. Merde. Monde de merde. Dirigeants inconséquents, sans courage.

Bon, il faut que je trouve une note positive pour conclure. La COP22 ? Euh… je n’ai pas compris ce qui en était sorti… de toute façon, entre le projet d’aéroport NDDL et la non fermeture de Fessenheim, je vois bien que la France ne tient pas ses engagements de la COP21, alors bon… et puis Trump, merde. Non, il ne faut pas chercher à l’international une note positive…

Revenons à ma petite vie. Des étudiants qui débattent entre eux du greenwashing, qui pigent d’un coup que le cours du pétrole influence le cours du riz, qui restent tard le soir « parce que le projet, il est super m’sieur ». Mes enfants qui commencent à comprendre le monde, qui me surprennent jour après jour. La dernière : « la médiathèque c’était mieux que la fête foraine » euh… ?!? Ma petite femme qui peut envisager sereinement son activité sans pression économique.

Ouf, j’ai quand même trouvé ce qui permet de regarder devant… 2016 se termine de façon merdique, espérons que 2017 sera meilleure. Mais pour les vœux, je n’ai même pas envie de trouver quoi souhaiter… quand je relis mes précédents vœux, et que je vois ce qui s’est passé l’année suivante… alors pour 2017, je ne souhaite rien. Vraiment rien : ne penser à rien, faire le vide de l’esprit, trouver une paix intérieure. Ça se peut ça ???

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 22:13

Depuis la fin de ma période d’essai, la directrice et moi discutons de l’évolution de mon poste. Et ce matin, pile 6 mois après mon embauche, la directrice a fait l’annonce « officielle » : à partir de demain je deviens directeur des études de l’EME.

Je ne m’imaginais pas du tout à ce poste il y a 3 mois. Depuis j’ai pris de l’assurance et j’ai surtout expérimenté en situation ce que ça pouvait donner. Et même si j’ai eu un peu de mal à réaliser avant l’été, me voilà désormais à ce poste à responsabilité, avec une vingtaine d’enseignants salariés et le double d’intervenants occasionnels, et sept salariés administratifs à manager.

Les missions principales sont d’assurer la bonne tenue des enseignements, leur cohérence et le respect des programmes ; de faire évoluer ces programmes pour améliorer en permanence les formations ; de coordonner les services pédagogiques administratifs pour assurer le fonctionnement quotidien ; d’assurer que les diplômes soient délivrés à ceux qui ont acquis les compétences, et que les étudiants soient traités équitablement.

C’est un travail passionnant et enthousiasmant. Les tâches sont nombreuses et très variées. L’équipe est très compétente et a à cœur de bien faire. Ce dernier point me rassure beaucoup et m’aide à ne pas stresser !

Me voilà désormais à l’aube d’une nouvelle étape professionnelle, assez incroyable si on retrace le fil des évènements qui ont permis que je sois là (démission du professeur d'énergie de l'EME en 2012; manque de candidats pour la formation ce qui a conduit à ne pas remplacer ce professeur; mon recrutement en tant qu'encadrant occasionnel; réduction du temps de travail de la directrice des études en 2014; difficulté à recruter un directeur des études; démissions de quelques intervenants qui m'ont permis d'augmenter mes temps d'encadrements et cours; rencontre impromptue avec la directrice de l'EME à la CCI de Rennes fin 2014; mon recrutement pour une mission qualité; puis enfin mon recrutement temps plein en mars dernier). Neuf évènements tous indispensables pour que j'en sois là aujourd'hui!

Je mesure la chance que j'ai...

Alors en route pour ces nouvelles aventures !

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 05:21

Deux votes étranges, coup sur coup.

D’abord, jeudi, le vote britannique, pour sortir ou rester dans l’Union Européenne. Ce vote est étrange, non pas tant sur le fond - car je n’ai pas à avoir d’opinion à la place des britanniques -, mais plutôt dans ses motivations. Si j’ai bien compris, la campagne a tourné autour de deux arguments : 1- l’immigration et 2- l’économie.

Sauf que… 1- le Royaume Uni n’applique pas les règles de libre circulation des personnes de l’espace Schengen. Donc le fait d’être ou pas dans l’Union Européenne ne change absolument rien à l’immigration. L’argument est juste hors sujet… C’est surréaliste que ce thème ait pris autant d’importance dans cette campagne. Il aurait pu être pertinent dans une élection législative interne, mais pas là.

Et 2- Si on fait la balance de ce que paie le Royaume Uni pour l’Union Européenne et de ce qu’il reçoit, et qu’on y ajoute les entreprises et emplois installés dans ce pays pour bénéficier à la fois de la situation fiscale avantageuse et du marché commun européen, cette balance est largement bénéficiaire pour le Royaume Uni. Cet avis est quasi-unanime, et les partisans du Brexit l’ont même avoué (après le vote, il est vrai…)

Et donc… pourquoi un tel vote alors que les arguments sont faux et archi-faux ? J’ai du mal à comprendre… est-ce une hystérie collective, un peu comme une soirée alcoolisée pendant laquelle on dirait des bêtises qu’on regrette le lendemain ? Au vu des réactions de certains électeurs cette semaine, cela ressemble à ça. Il y en a même 4 millions qui réclament un nouveau vote ! On croit rêver ! C’est dingue de voir que des électeurs auraient voté sans être très sérieux, au vu de l’impact du sujet. C’est navrant de voir autant d’irresponsabilité. Et maintenant, on s’aperçoit qu’il n’y a même pas de majorité politique pour gouverner et appliquer cette décision souveraine du peuple… du grand n’importe quoi !

Du coup, j’ai envie de dire, un peu cyniquement… bien fait pour vous les gars ! Si vous votez avec vos pieds sous l’emprise d’un alcool démagogique hors-sujet, et bien prenez le large, réfléchissez quelques années, et puis on verra ensuite ! Kenavo les bouseux !

Ensuite, dimanche, le vote de la Loire Atlantique sur l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Là encore, le peuple a parlé, il n’y a plus qu’à appliquer la décision du peuple ! Cela me fait mal, moi qui suis un opposant à ce projet. Mais voilà, c’est ça la démocratie. En fait je conteste le périmètre de ce vote, taillé pour avoir le « bon » résultat. N’empêche que ce scrutin révèle deux choses significatives.

1- Chacun vote pour soi-même. Globalement, ceux qui subissent les nuisances de l’aéroport actuel votent pour le transfert. Ceux qui subiront les nuisances du futur aéroport votent contre. Ceux qui perdent les emplois et les accès à l’ancien aéroport votent contre. Ceux qui pourraient profiter des emplois ou de l’accès au nouvel aéroport sans subir les nuisances votent pour. Le vote ne semble pas refléter une pensée pour l’intérêt général. C’est triste de voir ça…

2- L’économie prime, et tant pis pour l’environnement. Globalement la majorité raisonne avec des arguments économiques, et s’assoit sur l’environnement. L’environnement au sens planétaire, avec le réchauffement climatique, devrait être une préoccupation majeure. La COP21 semblait avoir aidé à une prise de conscience (peut-être seulement dans les médias !) Ce réchauffement climatique devrait nous inciter à réduire (tout au moins à ne pas développer) le transport aérien consommateur de kérosène. Le vote pour ce nouvel aéroport est clairement un vote pour le développement du transport aérien. On savait que le gouvernement agissait sans aucune cohérence avec ses engagements affichés pour l’environnement. On sait maintenant que le peuple, lui non plus, n’en a rien à battre ! Sans parler du massacre de 1600 hectares d’une zone importante pour la régulation de CO2 et la biodiversité. Dont acte, on s’assoit sur la COP21, on s’assoit sur la réduction des gaz à effet de serre, et on fonce vers le réchauffement climatique.

Non seulement on va dans le mur, mais en plus on accélère ! Et surtout, chacun pour sa gueule !

Je suis pourtant démocrate : la souveraineté populaire doit être respectée. Je suis donc d’accord par principe avec le fait d’être moi-même minoritaire, comme en ce moment pour l’aéroport (avec la réserve du périmètre du vote, puisqu’en l’occurrence je n’ai pas eu le droit de voter…).

Ces deux votes de la semaine dernière sont terriblement révélateurs. Au vu des arguments, pour ces deux scrutins comme pour les précédentes élections françaises et européennes (voir mes articles précédents), je ne comprends pas ce qui se passe. Je peux comprendre un rejet des gouvernants et des élites, puisque la situation de la majorité se dégrade. Mais je ne comprends ni les arguments ni les résultats constatés.

Cette bêtise ambiante me dégoûte… je me sens tellement décalé…

J’ai mal à ma démocratie…

 

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 21:16

Nous sommes le 1er juin. J’ai donc terminé la période d’essai, me voilà désormais vraiment en CDI à l’EME !

C’est parti !

C’est vraiment parti pour une nouvelle expérience professionnelle. Pour le moment, je suis très content de ce poste. Je n’imaginais pas que cela me plairait autant, et ça fait du bien d’avoir cette bonne surprise ! Des tâches variées, des collègues sympas et passionnés, des étudiants rajeunissants et enrichissants, des projets super intéressants autour de méthodes pédagogiques innovantes. Et puis un regard sur l’ensemble des enseignements de l’école, avec lesquels je me familiarise progressivement. Tout cela est passionnant, et me permet aisément de passer au-dessus de quelques légers désagréments (les caractères et susceptibilités de certains !!). En fait, je me surprends à gérer tout cela sans stress, sans inquiétude, sans aucune aigreur. Quel changement par rapport à ma vie professionnelle passée ! Un grand tableau au mur pour gérer mes priorités, du recul et du tact à chaque instant pour gérer les susceptibilités et les personnalités de chacun, qui me font plus sourire que râler. Et voilà tout avance plutôt bien ! Je ne pensais pas que je saurais faire ce genre de boulot, avec une douzaine de projets à faire avancer en parallèle… comme quoi, on ne se connait jamais vraiment. Il faut parfois sortir de sa zone de confort pour en trouver une autre.

Et donc, c’est parti…

Et donc, pour Coxinergie, c’est parti ! J’appuie sur le bouton ce soir… C’est la fin d’une aventure très enrichissante aussi (enfin, pour le mental, mais pas pour le porte-monnaie !!! :-)) Je n’ai pas de regret, mais un petit pincement au cœur quand même… j’y croyais… mais voilà, entre le marché compliqué des particuliers, la concurrence vive sur le marché des collectivités, la volonté de l’Ademe et des collectivités de tirer la qualité vers le bas, et mon manque d’ardeur commerciale, en plus de ma trop grande intégrité et de ma fidélité à mes convictions, et bien Coxinergie ne pouvait pas être viable. J’avais bien travaillé l’aspect environnemental (pour les clients, et pour moi) ; j’avais bien travaillé l’aspect social (pour les clients, et pour moi) ; j’avais bien travaillé l’aspect économique pour les clients, mais je ne savais pas comment tournerait cet aspect économique pour moi... Or, pour qu’un développement soit durable, il faut l’environnemental, le social, et l’économique. Pour les clients, comme pour moi. S’il en manque un, cela ne peut pas être durable… Donc après avoir créé une société, embauché puis débauché un salarié, je vais maintenant expérimenter la dissolution de société… heureusement, je suis dans une situation agréable pour le faire, ce sera moins difficile.

C’est parti !

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 15:54

En ce 1er mai, comme chaque année, je pense à ce que les travailleurs ont conquis, et je pense à ce qu'il reste à conquérir. Je devrais, si j'étais cohérent avec mes convictions, participer à la manifestation intersyndicale rennaise. Mais voilà, je n'y suis pas allé...

Je ne suis pas non plus allé à la manif d'hier pour le droit d'asile. Je suis pourtant largement contre les restrictions actuelles et les mensonges gouvernementaux et médiatiques. Je ne suis pas allé aux dernières manifs contre la loi El Khomry (les premières fois seulement). Je suis pourtant largement contre cette loi scélérate. Je ne suis pas allé à une seule NuitDebout. Pourtant je partage largement les envies de changer le monde et je partage largement de nombreuses idées que je peux lire dans les compte-rendus des NuitDebout parisiennes.

Pourquoi donc je ne me bouge pas plus que cela?

Ce n'est pas à cause de la distance entre Rennes et mon domicile, ni entre Rennes et mon travail. Ce n'est pas à cause de mon emploi du temps un peu chargé. Ce n'est pas à cause de la peur de mon patron. Ce n'est pas à cause de la peur des casseurs. Ce n'est pas à cause de la peur des flics. Bref, arrêtons ce mauvais suspense à la noix.

C'est parce que je n'y crois plus... je me sens désillusionné. Désabusé. Découragé. Pas encore résigné, tout de même, parce que je me range pas aux idées de droite. Mais enfin, en ce moment je n'ai plus la force de me battre...

Au début des manifs contre la loi El Khomry, puis au début des NuitDebout, j'y croyais encore. Et puis très rapidement j'ai vu que les nombres de manifestants étaient très très faibles... horriblement faibles. Et puis j'ai entendu toutes ces réflexions idiotes, ces amalgames, et même disons-le, toutes ces grosses conneries. "Les jeunes, ils n'ont pas encore travaillé, ils sont déjà contre le travail". "Le monde change, mais les jeunes ils s'accrochent aux 35h et au CDI". "Les jeunes ils ne veulent pas travailler, ils ne veulent que foutre la merde et casser du flic". J'en passe, tellement ça me saoule. Tous ces vieux cons ne cherchent pas à comprendre ce qui s'exprime. Ils n'entendent pas que des étudiants à bac+N n'ont pas envie d'une vie d'intérim au smic. Ils ne voient même pas que ce ne sont pas les mêmes qui manifestent et qui cassent. Ils amalgament les débatteurs de NuitDebout et les branleurs qui veulent en découdre avec les flics. Même si les médias ont une responsabilité dans l'amalgame et dans le manque d'explications, on peut pourtant facilement faire la part des choses dans un journal ou avec quelques recherches sur internet.

Quant aux réflexions de fond, par exemple sur la création monétaire, sur le revenu de base, sur les conditions de travail, alors là c'est le pompon! Des fois j'ai l'impression que l'immense majorité des Français est incapable de faire un effort intellectuel de plus de 5 minutes. Dès qu'on parle de ces sujets les réponses sont invariablement: "ça ne peut pas marcher, si c'était possible ça se saurait"; "on ne peut pas s'en sortir sans travailler"; "les jeunes ils ne veulent plus bosser"; "nous on en a bavé, alors pourquoi les jeunes ils n'en baveraient pas?". A force d'entendre ça, je n'ai qu'une envie: rester chez moi, ne plus voir personne, et surtout ne plus parler de ces sujets pour ne plus risquer d'entendre ces conneries.

Si on ajoute que la violence est instrumentalisée par les préfets aux ordres et par les médias benêts, pour que les Français puissent se positionner "contre les jeunes cons"; et si on observe que cette technique gouvernementale est la même pour toutes les révoltes et manifestations depuis 1968, et qu'elle a toujours très bien fonctionné -même avec 100 fois plus de manifestants-, alors je ne vois pas trop quel espoir on peut avoir dans ces mouvements...

Les dernières élections et les intentions de vote pour les prochaines me le confirment. C'est Chirac qui avait raison quand il disait: "la France est de droite, profondément de droite". Je crois que c'est ça qui me désespère vraiment, profondément...

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 04:33

A 3 jours d'un nouvel emploi, pour l'année de mes 40 ans, je me suis "amusé" à recenser mes expériences professionnelles dans un tableau. En colonnes, j'ai mis les employeurs, puis les entreprises (différentes parfois de l'employeur: à cause des sociétés de service ou entreprises d'intérim), puis les missions ou postes (ou projets: il parait que tout fonctionne en mode projets maintenant... bref!), et enfin le métier exercé.

En commençant ce tableau j'avais en tête 4 ou 5 lignes... mais en cherchant bien j'ai complété avec les petits boulots que j'avais oubliés, les missions pourries que j'avais retiré du CV, les stages parce-que-c'est-un-travail, et puis j'ai dû ajouter des lignes quand l'entreprise a changé juridiquement alors que je ne bougeais pas de mon bureau, etc. Et puis j'ai mis aussi mon petit boulot de cours particuliers pendant mes études (c'était au black, mais c'est du boulot quand même! Il y a prescription, je peux l'écrire maintenant... ça payait les bières et aussi le gazole de la Tipo, alors c'était bon pour la croissance, donc Macron approuve j'en suis sûr!).

Donc, en incluant mon nouveau job de-dans-3-jours, voici le bilan chiffré:

  • 20 ans de vie professionnelle
  • 14 employeurs différents
  • 18 entreprises ou structures dans lesquelles j'ai été "subordonné"
  • 20 missions/postes/projets ou appelez-ça-comme-vous-voulez
  • en exerçant 8 métiers différents (je n'ai pas compté la diversité des métiers exercés quand on gère une micro-entreprise)
  • la plus longue période en apparence a été "Thomson". 7 ans de présence, sur presque la même mission. Mais pendant cette période j'ai eu 5 employeurs différents sans changer de bureau! Il y a aussi eu dans cette période la mission "syndicale" très mouvementée...
  • la période la plus réellement stable (même employeur, même entreprise, même mission) a été la période "General Electric": 2 ans et 6 mois. Ou alors ma petite entreprise Coxinergie: 3 ans et 7 mois, mais vu les soucis que ça a généré et les jobs que j'ai dû faire en parallèle, on ne peut pas vraiment parler de stabilité...

Suis-je instable? Inadapté au travail? Bon, c'est sûr que j'ai un caractère "entier", mais j'ai l'impression que j'arrive à bosser quand même... Et puis j'ai quand même le sentiment que les moins de 40-45 ans ont presque tous des parcours plutôt chahutés ou "non-linéaires" (ça fait plus joli que "bordélique" ou "port'nawak"!). Et c'est bien plus chaotique que moi pour les 20 à 30 ans, voire 35 ans, qui galèrent à trouver du taf. Faites le compte les amis, si ça ne vous fait pas peur! Je suis sûr que plusieurs d'entre vous me battent! ;-)

Tout à l'heure aux infos ou dans la chronique éco de votre radio préférée, vous entendrez à coup sûr parler de "flexibilité", d' "adaptabilité", et du mot à la mode: la "flexisécurité". Haaaa! Celui-là je l'adore! Mais qui sont ces chroniqueurs pseudo-journalistes qui relayent les discours du Medef sans connaitre nos vies? Je crois qu'en matière d'adaptabilité au changement on n'a rien à prouver. La flexibilité est là et bien là il me semble. Mais la sécurité elle est où?

Et dire que, en durée comme en âge requis pour avoir droit à une retraite, je n'en suis même pas à la moitié de ma vie professionnelle...

Allez, haut les cœurs! Cette fois-ci, je vais peut-être battre mon record de stabilité?

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 22:14

12 heures de taf par jour, 60 heures par semaine, fin des 11 heures de repos entre deux journées consécutives, modulation des salaires (ça veut dire baisse!), licenciements automatiques en cas de refus de ces "souplesses", temps d'habillage et de pause décomptés du temps de travail, licenciements faciles, indemnités plafonnés en cas de licenciement abusif (c'est à dire autorisation de licencier sans motif!).
Le medef et la droite n'en rêvaient même pas. Valls va le faire. En force, sans respecter le semblant de démocratie que constitue la représentation parlementaire.
Pour mémoire, avec son programme de droite, ce type avait eu 5% aux primaires de la gauche en 2011, il s'était ramassé et les 95 autres % du PS se foutaient de sa tronche. Maintenant c'est lui qui gouverne.
Il nous impose l'état d'urgence, les perquisitions à toute heure, l'interdiction de manifester, plus le contrôle de toutes nos communications, et tout ça sans qu'un juge ne donne son avis. Maintenant il veut ramener le code du travail bien loin en arrière (au moins 1 siècle pour les 48 heures hebdomadaires).
On le laisse faire ou on descend dans la rue?

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 16:30

Le 1er mars, je démarrerai un nouveau job. Je serai chargé de missions auprès de la direction de l’EME (école des métiers de l’environnement), à Bruz sur le campus de Ker Lann. Je m’occuperai de différents projets structurants pour l’école.

Je redeviens salarié, en CDI, mais cette fois dans un domaine qui me plait, avec des valeurs parfaitement conformes aux miennes, et des collègues qui pensent comme moi sur plein de sujets !

Le boulot n’est pas du tout ce que j’imaginais, ni au moment de ma reconversion, ni pendant mes réflexions et mes recherches de ces dernières semaines. Ce n’est pas de l’enseignement. Je vais piloter des projets variés pour l’école. Je n’imaginais pas faire cela, mais en y réfléchissant bien, je fais cela depuis toujours ! C’était des projets informatiques pendant longtemps, puis une création d’entreprise avec tous les « sous-projets » que cela implique, ainsi que le pilotage de chaque affaire décrochée par Coxinergie, dont notamment ma grosse affaire de 2014. Donc finalement, ce n’est pas si nouveau ! Il fallait « juste » une opportunité, et la voilà !

Une nouvelle vie va commencer, elle est enthousiasmante, conforme à mes valeurs et à mes convictions citoyennes, et, last but not least, elle est plutôt rassurante… un salaire chaque mois, ça va faire du bien ! Pour tourner la page de 2015, c'est pas mal comme début 2016!

En route pour une nouvelle vie professionnelle !

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 07:35

C’est l’heure des rétrospectives et des bilans. Que s’est-il passé de marquant cette année ? Qu’ai-je fait … ou pas fait ? Quelles leçons en tirer ? Que souhaiter pour 2016 ? Quels objectifs ? Et bien dans mon cas, 2015 a été une année très particulière…

L’horreur, la douleur, les tripes à l’envers…

Je pourrais parler, en long en large et en travers, de l’horreur des 7-8-9 janvier et du 13 novembre, et de la barbarie des fous moyenâgeux, mais tout a été dit dans les médias. Je pourrais parler des suites que je désapprouve, comme la prolongation et les excès de l’état d’urgence et le débat malsain sur la déchéance de nationalité… mais bon… Je pourrais parler de l’injustice pour Temuujin et sa famille, mais j’ai déjà tout dit là : les-tripes-a-l-envers. Je pourrais parler des migrants et des réfugiés qui fuient la guerre et la misère, mais tout ou presque a aussi été dit dans les médias, même si rien n’est réglé, loin s’en faut… Je pourrais parler des derniers renoncements de la gauche, qui ne mérite vraiment plus d’être placé de ce côté de l’hémicycle, mais bon… Je pourrais parler de la COP21, dont on ne devrait pas se réjouir puisque elle emmène la planète vers +3°C au moins, donc vers un emballement climatique dramatique et anxiogène, mais bon… Je pourrais parler de la douleur de la perte de Jean-Luc, happé par cette saloperie de cancer, mais ça c’est intime et personnel. Je pourrais parler des difficultés familiales, diverses et variées, plus douloureuses les unes que les autres, mais ça aussi c’est privé.

Certains de ces évènements ont été de « simples » déceptions empreintes de dégoût, mais d’autres ont été de véritables traumatismes, comme vous vous en doutez…

… et la joie de vivre, libre et en bonne santé

Je préfère vous parler des lendemains. Les lendemains de tous ces jours difficiles de 2015, j’ai toujours eu ce même sentiment étrange, qui a duré plusieurs jours à chaque fois. Le bonheur de serrer mon épouse et mes enfants dans les bras, sentir leur peau, entendre leur voix douce chaque matin, les savoir en bonne santé. Me savoir moi aussi en bonne santé. Apprécier des moments simples, très simples, comme un repas ordinaire pris ensemble, ou un trajet vers l’école, en prenant le temps de se regarder, de s’écouter. Savourer chaque moment ordinaire, que l’on pourrait penser banal et ennuyeux, mais qui est si important et appréciable… Ecouter rire ses enfants, rire avec eux… Les regarder jouer dans notre jardin, calme, verdoyant, paisible. Penser, parler, s’exprimer, écrire, lire, écouter de la musique, voir un film, aller voter, circuler où l’on veut quand on veut. Imaginer, au détour d’un rond-point, que si-je-veux-je-prends-une-autre-sortie. Se dire que j’ai été et suis toujours libre de faire mes propres choix, y compris des fois celui de ne pas choisir (ou presque, parce que la vie n’est pas toujours si simple, mais quand on compare à d’autres…). Se coucher dans un lit, sous un toit, le ventre plein, en sécurité, avec ses proches, et se rappeler que ce n’est pas si évident pour plus de la moitié de l’humanité…

Bref, ce que je veux vous dire, c’est que suite à ces évènements traumatisants et douloureux de 2015, j’ai le sentiment de goûter plus et mieux à la liberté, à la joie de vivre, en bonne santé et avec mes proches.

Le reste…

Alors à côté de cela, mes anxiétés lors d’insomnies répétées comptent peu. Je ne m’étends pas, mais cette année a connu une autre déception, un autre traumatisme relatif : je me suis rendu compte que Coxinergie n’est pas et ne sera pas viable…

… à suivre en 2016

J’ai commencé à chercher un autre travail (j’en ai trouvé un à temps partiel, mais c’est insuffisant). J’espère que 2016 verra la fin de Coxinergie, car cela signifiera que j’aurai trouvé une autre voie et que 2016 sera l’année de ma re-reconversion professionnelle, pour coïncider avec mes 40 ans et peut-être, la fin de ma crise de la trentaine ! Il s’agit de trouver quelque chose en accord avec mes valeurs, bien sûr, car il n’est pas question de reproduire le « viol de valeurs » que j’ai vécu il y a quelques années… Cela me permettra de continuer à savourer une vie simple et sécurisante, sous un toit, en bonne santé, avec mes proches…

 

En conclusion, je ne peux que vous souhaiter à tous, de savourer les plaisirs simples de la vie, et de ne pas forcément chercher à avoir toujours plus de biens matériels…

Bonne année 2016, simple, joyeuse, heureuse.

 

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Published by Dany - dans pfffffff
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