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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 16:35

Vous avez déjà entendu cette expression : « le monde n’est pas noir ou blanc, il y a des nuances de gris ». Et tout le monde est toujours d’accord avec cela. La difficulté, c’est de déterminer, ou parfois de choisir, une nuance de gris…

Dans mon rôle de manager et de membre du comité de direction, j’en découvre tous les jours sur la nature humaine. Parfois je suis enchanté. Parfois je suis déçu. Parfois je suis même dégoûté… Et puis je stresse. Car il faut prendre des décisions, mais cela n’est pas du tout compliqué. Il faut aussi les expliquer, et cela n’est pas non plus très compliqué. Il faut les faire appliquer, avec douceur, doigté, diplomatie. Cela est déjà moins évident, mais globalement ça se passe bien. Ce qui est le plus compliqué, c’est de comprendre des situations particulières, et par-delà ces situations, de comprendre les personnes dans le but de les garder motivées, et d’éviter les conflits et les blocages. C’est presque le plus important dans le management. Et bien cela n’a rien d’évident... Donc les nuits sont souvent agitées et propices aux insomnies…

En prenant le temps de réfléchir, je relativise les choses. Tout ceci n’est qu’une expérience humaine, et je ne suis que de passage. Je ne suis pas et ne serai pas responsable de tout, alors à quoi bon s’angoisser ? Et bien cette dernière phrase est facile à dire ou à écrire, mais pas à appliquer en profondeur !

Voici quelques exemples pour illustrer, mais sans trop de détails, car vous comprendrez qu’il ne faut pas que je vexe ni que j’expose des gens…

Exemple 1 : Dans mon bureau, je dis à M. X qu’à la prochaine réunion mon avis serait de prendre la position A, pour telle et telle raisons. M. X me dit qu’il est d’accord, que c’est très logique, et il pense que les autres seront d’accord aussi. Arrive la réunion. Mme Y prend la position strictement inverse à A. Et M. X dit qu’il est d’accord avec elle !! Passé l’effet de surprise, j’exprime mon avis, qui est toujours A. Mme Y n’est pas contente du tout et réaffirme sa position contraire. M. X répète qu’il est d’accord avec Mme Y. Les 5 autres présents ne disent absolument rien. Voilà c’est plié. J’ai été le seul à exprimer un désaccord, et pour couronner le tout je suis sous le feu de Mme Y… Alors maintenant que faire au sujet de M. X ? Lui dire ses 4 vérités, au risque de ne plus pouvoir travailler correctement ensuite ? Ne rien dire du tout et passer l’éponge ? Jouer les hypocrites et lui faire un sale coup en douce ? Non évidemment, je ne peux rien faire de tout cela. Il faut trouver un moyen de lui dire, en douceur, pour ne pas froisser mais quand même lui faire comprendre que ce n’est pas sain. Oui mais comment ? Il y a 50 façons de faire (les 50 nuances de gris !!!), mais à tous les coups, je risque de choisir la mauvaise…

Exemple 2 : Après avoir entendu plusieurs personnes se plaindre d’un sujet, j’en parle à un autre manager. Celui-ci met les pieds dans le plat en réunion, en réclamant un audit externe sur le sujet. Cela vexe la personne en charge du sujet, qui se sent mise en cause dans son travail, et qui demande des précisions. Le manager me prend à témoin en disant que j’ai toute une liste. Un peu surpris, et ne sachant pas trop comment appuyer la chose en évitant de foutre le bazar, j’indique que je n’ai pas vraiment de liste mais qu’en effet plusieurs personnes se posent des questions sur ledit sujet. On conclut en disant que les gens concernés doivent se signaler et on étudiera le sujet pour chacun. Sauf qu’ensuite, personne ne se signale… dont notamment deux personnes présentes à la réunion ! Que penser de cette attitude ? Dois-je leur dire frontalement ? Dois-je les signaler à la personne en charge du sujet ? Et que pense de moi le manager qui s’est exposé et qui maintenant se sent probablement en porte-à-faux ? Quel bazar… là encore, il faudrait trouver un moyen de parler à tout le monde posément, mais trouver la bonne nuance de gris est une véritable gageure !

Exemple 3 : Une personne se plaint, à raison, que son sujet a été trop peu considéré pendant des années. Plusieurs managers décident de monter des groupes de travail pour faire avancer ce sujet, en associant la personne en tant que « copilote ». La personne accepte avec enthousiasme. Formidable ! ... Mais au bout de quelques semaines, la personne se plaint d’être dépossédée du sujet ! J’ai beau essayer de lui dire qu’elle n’est pas dépossédée, qu’elle copilote le truc, que c’est quand même chouette que le sujet avance comme elle le souhaitait depuis des années, rien n’y fait… Il doit y avoir quelque chose de psychologique là-dessous, mais je ne sens pas assez compétent dans ce domaine pour l’analyser et y répondre. Comment faire pour que cela avance et qu’elle y trouve son compte ? Encore une nuance de gris à trouver…

Exemple 4 : Sur un autre sujet particulier, une personne m’avait indiqué vouloir absolument être associée. Je l’avais rassurée, et ai mis en place un groupe de travail l’incluant. A peine lancée sur les travaux dudit sujet, la personne ne donne son avis sur rien, et me dit qu’étant « le chef », c’est à moi de prendre les décisions ! Passé l’effet de surprise, je me mets à repenser à tous les moments où des décisions importantes ont dû être prises… et je m’aperçois que cette personne est restée silencieuse, tout en tenant mordicus à faire partie des réunions décisionnaires… Attitude étrange, mais comment l’expliquer ? Et surtout, comment aborder ce sujet avec la personne ? « Eh dis donc, faudrait savoir, tu dis quelque chose ou tu te casses ? » !!!! Non évidemment ! « Dis, je voudrais te parler de quelque chose, mais bon ce n’est rien, c’est juste comme ça, une question de rien du tout il ne faut pas t’imaginer des trucs… » ! Non non et non ! Le ton mielleux ne me va pas du tout. Une autre nuance de gris à trouver…

Des exemples comme cela, j’en ai à la pelle ! Des gens qui me font de grands sourires et me remercient, puis me crachent dans le dos dans les couloirs ; des gens qui surinterprètent et commentent absolument toutes mes phrases, en les déformant au passage ; des gens qui veulent être partout et qui se plaignent de ne pas avoir le temps de travailler correctement ; des gens qui…. Bon j’arrête là, ça n’en finirait pas.

Ce sont des gens. Complexes, contradictoires. Ni noirs ni blancs. Chacun avec sa nuance de gris. Peut-être est-ce moi qui ne suis pas capable de saisir suffisamment de nuances et d’y répondre. En tout cas, je peux vous dire que c’est incroyablement compliqué de s’y retrouver… Tout cela « prend la tête », jour et nuit, en semaine et le week-end, et pendant les congés. Ce qui est difficile dans mon travail, ce n’est aucune des missions écrites sur ma fiche de poste. C’est la cohésion, les relations humaines. Je ne devrais pas, mais je n’arrive pas à m’empêcher de « prendre sur moi » ce genre de problèmes et d’essayer de les résoudre ou de les atténuer, pour le bien de l’organisation. Faut-il être psychologue pour manager ? Ou faut-il faire comme tant d’autres, qui appliquent leur pensée en écartant ceux qui sont différents ? Non évidemment… Même dans sa propre façon d’être et de manager, il faut des nuances de gris… plusieurs nuances… et même plusieurs par interlocuteur !

Heureusement il y a des gens que je trouve chouettes, et dont j’ai l’impression de comprendre les nuances de gris ! Il y a aussi tous ces élèves que je vois progresser, ce qui est mon plus grand plaisir.

Bref, comme dirait Kyan Khojandi, bref, mes congés sont terminés et j’y retourne demain. Je crois que je vais m’habiller en noir, gris, et blanc. Et puis je vais demander à ma RH une formation sur les couleurs, pour éviter de broyer du … gris foncé !

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 21:45

Hier le 18 octobre, nous avons fêté l’anniversaire du mouvement de salariés qui a abouti à la mise à l’écart de la direction de mon école quelques semaines plus tard.

C’est l’occasion de faire une petite rétrospective… un bilan… et d’en tirer des leçons.

Après cette mise à l’écart par le conseil d’administration, une période de reconstruction a eu lieu. C’était passionnant et enthousiasmant : une direction collégiale, sous forme de comité de direction. Plus de directeur/trice. C’était la révolution ! Un groupe de travail sur la gouvernance. Une parole libérée. Des idées d’amélioration. Bref, tout était beau…

Puis, quelques semaines plus tard, des difficultés. Le groupe de travail sur la gouvernance n’a rien proposé sur la gouvernance. Le comité de direction n’avait pas de mission claire, ni de délégation de pouvoir, ni de reconnaissance officielle dans les statuts de l’école (qui est une association). Des salariés ont trouvé que « ça ne changeait pas ». Des discussions de couloir ont miné le moral de certains. Des tensions sont apparues.

Alors nous avons parlé, expliqué, dialogué. Cela allait un peu mieux. Nous avons cherché comment font les entreprises « libérées », ce qui est enthousiasmant, mais nous avons aussi vu leurs limites et les conditions de réalisation… compliquées. Nous avons aussi eu du mal à absorber la charge de travail, car tout cela s’est fait en plus de notre travail « normal », qui ne peut pas s’interrompre, puisque les élèves sont là ! Les tensions, qui s’étaient apaisées, sont réapparues. Elles ont parfois changé de forme ou de personnes… Elles ont révélé des choses… Je ne peux pas tout dire ici, mais j’en ai pris pour mon grade ! Il faut dire qu’en l’absence de directeur/trice sur qui se défouler, un directeur des études est une cible en vue !!

L’été est arrivé, alors nous avons soufflé un peu… pas trop, car il fallait assurer le recrutement de candidats même pendant la fermeture de l’école. Puis la rentrée est arrivée, et nous sommes repartis le nez dans le guidon. Au fil de nos travaux, de nos urgences, de nos débats, nous nous connaissons mieux. Tant mieux… mais c’est révélateur aussi…

Aujourd’hui, un an après, il faut bien dire où on en est…

Tout d’abord, malheureusement, de nombreuses personnes souhaitent avoir un/e directeur/trice. Pour certains, le besoin d’une « autorité » a toujours été présent, depuis le début, mais n’était pas exprimé. Pour d’autres, il s’agit de contradictions terribles. C’est une découverte pour moi, et une désillusion. Il y a gens qui réclament de la concertation, qui râlent si on ne leur demande pas leur avis, mais qui en fait ne veulent pas prendre de décision ni l’assumer. Ils demandent que quelqu’un prenne la décision. Et ensuite, si cela arrive, que font-ils ? Ils râlent ! Parce qu’évidemment, c’est une mauvaise décision, si on les avait écoutés, blablabla… Ayant vécu plusieurs fois cette situation étrange, je suis moins dérouté maintenant, mais je suis vraiment déçu. La nature humaine est bizarre…

Ensuite, je constate que le nombre de personnes ayant un problème de reconnaissance, d’égo, voire un problème psychologique (probablement, je ne suis pas médecin), est assez élevé ! S’y ajoute la jalousie, qui est sans doute le truc le plus répandu des organisations humaines. Avec ce cocktail, vous avez des pertes de temps incroyables en discussions de couloir, des idées reçues, des abcès non crevés, des coups bas qui paraissent incompréhensibles si-on-ne-le-sait-pas. Ajoutez encore un soupçon de « si-tu-ne-bosses-pas-comme-moi-tu-n’es-pas-à-la-hauteur », de « j’ai-toujours-raison », et de « il-faut-que-ça-change-mais-pas-moi », et vous avez les pires difficultés à tenir en vie une direction collégiale et une équipe soudée. Je savais depuis longtemps que des gens comme cela existaient, mais en un an j’ai découvert que leur nombre est très élevé… à un niveau qui peut faire peur !

Du coup, tout le monde attend un/e directeur/trice. Mais en réalité, nous ne manquons pas d’une personne providentielle. Nous manquons de maturité et de responsabilité. C’est cela le plus terrible. En réalité, ce n’est pas que dans ma petite école. C’est à tout niveau de la société. Dans une entreprise, dans une commune, pour la république entière. On ne veut pas assumer une démocratie réelle, on veut élire un chef qui a les pleins pouvoirs. Dès qu’on l’a élu, on peut et on veut le critiquer à fond, mais sans le démettre ! Si on le démet, il faudrait assumer ensuite !

Alors pour cet anniversaire étrange, j’ai un sentiment vraiment mitigé. Je suis content qu’on ait changé de mode de management, qu’on ait eu des temps d’échange constructif, qu’on ait fait évoluer la boutique. Mais je suis déçu qu’on n’ait pas réussi à aller au bout de la démarche, et qu’on en soit à réclamer un/e directeur/trice. Surtout que c’est pour une mauvaise raison, qui vient du plus profond de chacun d’entre nous.

Et puis avec cela, ce sont mes illusions démocratiques qui tombent. L’humain ne me parait pas encore prêt pour la démocratie réelle…

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 06:29

Vous connaissez tous le résultat de dimanche dernier. Mais comme après chaque élection, j’ai ma propre analyse qui n’est pas forcément celle que j’entends à la radio ou que je lis dans la presse locale.

Tout d’abord, je relève que Marine Le Pen récolte presque 7,7 millions d’électeurs. C’est une hausse énorme ! Elle a beaucoup plus d’électeurs que dans tous les précédents scrutins. On avait présenté le score du FN aux régionales comme une hausse forte à 27%, mais en voix il n’y avait « que » 6,8 millions, ce qui n’était pas une hausse forte. Le résultat de dimanche est beaucoup plus inquiétant. Car si on peut parfaitement comprendre le rejet du PS et de LR, pourquoi se tourner vers des « solutions » aussi haineuses, brutales, liberticides ? Et pourquoi les gens ne voient-ils pas que les mesures économiques et sociales de cette candidate sont à ce point violentes envers les catégories populaires ? Pourquoi les électeurs du FN ne se sont-ils pas tournés vers la gauche de la gauche ? Pour moi, c’est cela qu’il faut analyser.

La gauche de la gauche, donc, a réalisé aussi une forte hausse, en la personne de Mélenchon. Plus de 7 millions d’électeurs, c’est énorme ! Je trouve que cela n’est pas assez souligné. Personnellement, depuis 1994 que je vote, je n’ai jamais vu cela. Malheureusement cela n’a pas permis d’accéder au second tour. Je pourrais moi aussi me lamenter sur le « non rassemblement » de Hamon et de Mélenchon, car en additionnant les scores cela donnerait largement accès au second tour. Mais en fait, il n’est pas du tout certain que les scores s’additionnent ! Il y aurait peut-être même eu un rejet de cette alliance entre le PS et ceux qui ont rejeté le PS depuis 10 ans. Cela aurait créé une sorte de synergie négative ! De toute façon, c’est trop tard pour se lamenter…

L’autre fait marquant, c’est l’ampleur du rejet des politiques PS et LR. Macron (qui propose la même politique que Hollande-Valls) et Fillon, totalisent à eux deux 39,17%. Le reste, soit plus de 60%, rejettent nettement les politiques menées depuis plusieurs dizaines d’années.

Mais… mais voilà, notre système électoral est tel, que c’est Macron qui va gagner. Et donc on reprend pour 5 ans de cette politique libérale de droite, qui nous fait mal depuis toutes ces années. C’est cela qui est dingue, avec notre élection présidentielle et ce mode de scrutin. Le rejet est net, mais la même politique sera reconduite ! Avec en plus une décomplexion qui ressemble à celle de Sarkozy concernant la casse de la sécurité sociale, la baisse des salaires, le recul des droits sociaux, l’appât du gain et l’enrichissement, etc etc… Si on avait un système parlementaire proportionnel, cela serait impossible de maintenir la même politique. Le résultat de dimanche dernier n'est pas une surprise, mais le résultat final sera totalement illogique...

Et comme en 2002, cela va me faire mal de voter le 6 mai. Mais je voterai Macron quand même, parce que pendant les 5 prochaines années, je préfère aller manifester contre sa politique plutôt que d’être interdit de manif par une politique liberticide et haineuse. On voit les dégâts faits par les maires FN dans plusieurs dizaines de villes. Les premières victimes sont les associations et la culture, qui perdent toute subvention et tout moyen matériel dès qu’elles ne font pas allégeance au maire, et/ou qu’elles ont des opinions différentes. La presse locale est remplie de ce genre de cas, qui montrent les méthodes horribles du FN et ce qu’il en sera s’ils ont le pouvoir au niveau national.

Le fascisme ne passera pas.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 07:39

Dimanche, c’est à notre tour de nous exprimer dans les urnes. Après le referendum des britanniques sur la sortie de l’Union Européenne, le vote présidentiel surréaliste des américains, le référendum emmenant la Turquie vers l’autocratie, saurons-nous éviter de nous retrouver le 8 mai avec une gueule de bois de 5 ans ?

Cela dépend du point de vue de chacun… Si l’on est xénophobe, raciste, homophobe, ou juste pas trop bien éclairé là-haut, pas de gueule de bois si c’est Le Pen présidente. Si l’on est catho tradi mais pas trop, tendance « la morale c’est pour les autres », pas de gueule de bois si c’est Fillon. Si l’on est bourré de pognon ou si l’on aime trimer et se faire piquer son pognon pour le donner à ceux qui en ont déjà plein, et qu'on se satisfait d'entendre "d’façon je ne me rends pas compte du décalage de 2 ou 3 zéros avec le peuple", pas de gueule de bois si c’est Macron ou Fillon. Si c’est l’un de ces 3 là, ce sera la gueule de bois pour moi… encore 5 ans à voir une droite décomplexée, avec recul des droits, aggravation de la pauvreté, augmentation des inégalités. Evidemment c’est pire si c’est Le Pen, un peu moins pire si c’est Fillon, un peu moins pire encore si c’est Macron. Mais bon…

Je suis allé aux primaires de « la belle alliance populaire », qui n’était ni belle, ni populaire, ni une alliance, mais passons. J’ai voté Hamon, d’une part parce que j’aimerais retrouver une gauche de gauche, combative, redistributrice, qui ne renonce pas comme l’on fait Hollande et Valls (surtout Hollande, puisque Valls, il a toujours fait comme il avait annoncé lors des primaires de 2011 : un programme de droite !). J’ai surtout aimé le revenu universel. Mais dans la semaine suivant son intronisation, qu’a annoncé Hamon ? Que le revenu universel d’existence serait 1/conditionné aux revenus et 2/ pas pour tout le monde. Ni d’existence, ni universel, ce revenu ! Super…  En fait c’est juste une extension des minimas sociaux, comme Mélenchon. Ce qui est déjà bien, mais ce n’est pas à la hauteur des ambitions. Pas encore élu, que déjà il renonce et édulcore son programme. Du grand PS dans toute sa splendeur. Dès lors, je ne peux plus voter Hamon. Le reste de son programme va sans doute y passer s’il est élu, sans compter qu’il n’y a plus grand monde au PS pour le soutenir, puisque grâce au Hollandisme (en tant que premier secrétaire pendant 10 ans, puis en tant que président), ce parti est devenu de droite.

Donc me voici avec le seul vote possible pour dimanche : Mélenchon. Un programme de gauche, c’est-à-dire social, redistributif, de progrès humain et pas forcément de progrès économique. Un programme écologique, avec un réel principe de précaution et une règle verte. Un programme de politique internationale solidaire et respectueux. Au fait, au lieu de hurler à l’alliance avec les chavezistes, les castristes, les poutinistes, les assadistes, lisez son programme, écoutez ses réflexions, et vous verrez qu’il n’est ni chavesiste, ni castriste, ni poutiniste, ni assadiste, mais juste beaucoup plus indépendant vis-à-vis des américains et plus équilibré que ce qu’on entend dans les médias habituellement.

Je ne sais pas si les tendances sondagières peuvent être prises au sérieux, tant je serais surpris de voir Mélenchon au second tour, dans notre France si profondément de droite. Mais les électeurs de la droite traditionnelle sont déboussolés par l’amoralité de Fillon. Les électeurs de la pseudo-gauche social-démocrate, économiquement de droite, sont déboussolés par l’absence de candidat clairement positionné comme tel, et par la trahison de Macron envers Hollande, même si Macron est bien ce candidat d’après son programme. C’est en partie lié aux primaires qui ont explosé les partis et les modérations habituelles, mais pas seulement. Du coup le vote est très incertain cette fois-ci. De plus, une partie des votes protestataires semble aller vers Mélenchon, car les sondages le montrent comme qualifiable et aussi car son programme est mieux expliqué qu’il y a 5 ans, ce qui permet aux gens de se rendre compte des possibilités de vie meilleure. Alors on peut entrevoir que Mélenchon serait au second tour, ce qui donne un espoir au peuple de gauche. La peur des puissances d’argent s’exprime d’ailleurs avec férocité dans certains médias à leur botte, ce qui renforce mon sentiment que cette fois, ce serait possible… Donc sans hésiter, dimanche, je vote Mélenchon.

Mais se rend-on compte que quel que soit le résultat dimanche soir, le président élu ne représentera que 20 à 25% des voix, sans tenir compte de l’abstention ? Soit au mieux 15 à 20% des voix réelles… Un véritable hold-up électoral légal. Comment peut-on se satisfaire de cela ???

Il faudrait un système proportionnel, pour avoir une assemblée représentative des tendances réelles. Puis une obligation pour les partis de s’allier sur un programme, ce qui assurerait un équilibrage entre les tendances majoritaires. Avec un contrôle citoyen. Bref, il faudrait une 6ème République !

En attendant, croisons les doigts pour dimanche…

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 21:07

Je viens de terminer "On chantait rouge" de Charles Tillon.

J'ai adoré ce livre. Il a bien rempli mes insomnies...

Il s'agit d'une autobiographie de Charles Tillon (je ne vous la fais pas, elle est là notamment: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Tillon). Au delà du récit de sa vie, de ses luttes, j'ai vraiment apprécié son Humilité devant l'Histoire, avec un grand H à chaque mot, alors qu'il a été un acteur essentiel de nombreux évènements du 20ème siècle pour la France. Luttes des sardinières du Finistère sud, organisations de nombreuses autres victoires syndicales dans l'entre deux guerres avec la CGTU, député communiste et maire d'Aubervilliers, soutien aux républicains espagnols, résistance avec l'organisation des FTP et du CMN, co-direction du PC clandestin pendant l'occupation, participation au gouvernement provisoire puis aux premiers gouvernements de la 4ème République, avec la réorganisation des productions d'armement et de transport.

Cette humilité, qui transpire dans chaque page, est assez bluffante. Il décrit ses actes comme s'il était parfaitement normal d'avoir un tel engagement. Comme si rien de ce qu'il avait fait n'était héroïque. Par exemple, quand il décrit sa tentative d'intervention dans la nasse d'Alicante cernée par les franquistes, pour essayer de sauver d'une mort certaine 20000 républicains espagnols, c'est incroyable de simplicité et d'évidence: il lui fallait agir ainsi, naturellement, pour eux, pour nous, pour lui. Pour sa dignité d'homme. C'était son devoir de député français.

Ou alors quand il décrit son action d'organisation des FTP. C'est comme s'il n'y avait pas vraiment eu de danger vital pour lui ou ses proches. Bien sûr, il parle des précautions prises, et des amis qui ont été déportés ou fusillés. Mais on a l'impression qu'il n'y avait rien d'autre à faire que de résister, d'organiser, de lutter.

Et puis, ce qui est impressionnant, c'est aussi son humilité et son honnêteté intellectuelle devant les crimes soviétiques de Staline, et devant les errements des dirigeants communistes français. Il décrit très bien ses doutes (rappelons qu'avant que Krouchtchev ne balance tout, personne ne savait vraiment. Et même après, les faits étaient niés par beaucoup...), mais aussi le fait qu'il a continué à soutenir une organisation dont des dirigeants étaient défaillants jusqu'à assez tard. Il ne fait pas semblant d'avoir tout vu tout de suite, ni d'avoir été meilleur que d'autres. Il indique très clairement qu'il a lui aussi souvent préféré se taire "dans l'intérêt supérieur de la classe ouvrière", pour "l'avènement du bolchevisme" ou pour "le socialisme réel". Même après son procès interne en 1952, il reste silencieux et ne dénonce pas publiquement ce qu'il sait et ce qu'il a compris. Il reste fidèle au parti communiste, même en restant dans l'ombre. Il faudra attendre les années 70 pour qu'il sorte de son silence et qu'il se libère de ce poids insupportable.

Dans tout son récit, et surtout à partir de 1938, on perçoit parfaitement ses difficultés à être fidèle à ses convictions personnelles et en même temps fidèle à une organisation défaillante. Le communisme et le socialisme sont ses convictions personnelles, mais il voit bien que le parti qui porte ce nom ne colle pas bien à ses convictions. Le voilà donc tiraillé, en permanence, essayant de voir clair et d'agir le plus fidèlement possible à chaque instant. Il suit un cap, un guide imaginaire, qui l'aide à tout instant. Il ne le dit pas, mais on le sent à chaque paragraphe. Ceci a fait écho à mes quelques expériences personnelles, qui n'ont évidemment aucune commune mesure avec les siennes. Régulièrement, je ne sais pas quel chemin prendre. Pour de grandes décisions comme pour des petites. Il "suffit" de suivre le cap, le guide: il s'agit de ses valeurs et de ses convictions. Il faut agir en cohérence, au mieux, pour rester fidèle à soi-même. Le reste ne compte pas.

Charles Tillon est un type comme on n'en fait plus. Il n'a pas cherché les honneurs ni les premières places. Mais il a agit mieux que ceux qui ont eu ces honneurs et ces premières places.

Le prochain bouquin risque de paraitre bien fade...

PS: merci à la communauté Emmaus de Rennes qui a permis à ma petite femme (que je remercie beaucoup aussi!) de me trouver ce trésor.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 22:26

Hamon est en tête de la primaire de « gauche », et même si ce n’est pas tout à fait une surprise, je considère que c’est un évènement important.

C’est la première fois qu’on peut voter pour le revenu de base. On en dit beaucoup de choses, on peut pervertir l’idée dans les détails de la mise en œuvre, ou en fonction du montant. On peut préférer une franche réduction du temps de travail. On peut discuter sans fin du financement. Au fait, épargnez moi les mêmes trucs qu’au 20è siècle svp : « la sécurité sociale, c’est pas possible, ça va coûter trop cher », « le salaire minimum c’est pas possible, ça va coûter trop cher », « les congés payés c’est pas possible, ça va … », « les deux jours de repos par semaine, c’est pas poss… », bon j’arrête là, vous m’avez compris. Si on ne sort pas du carcan imposé par les libéraux qui veulent nous maintenir au boulot toute notre vie, on ne va pas s’en sortir. Donc, avec Hamon, au moins, on peut faire avancer le débat, et rompre à toute force avec le modèle productiviste croissanciste qui nous mène dans le mur.

C’est aussi une des rares fois où un candidat dit : « je ne sais pas tout, je me ferai aider », et puis aussi : « je n’ai pas tout figé, j’ajusterai en fonction de l’expérimentation du début, et en fonction des débats ». Intéressant quand même, non ? C’est à ça qu’on juge un manager correct dans une entreprise ou dans toute organisation. Pourquoi on attendrait d’un président qu’il ait tout décidé sur tout avant l’élection ?

Et puis, très franchement, mettre une bonne baffe électorale à Valls, qu’est-ce que ça m’a fait plaisir hier ! Alors dimanche prochain, je remets ça !

Lundi prochain, je réfléchirai à l’union compliquée Mélenchon-Hamon-Jadot, mais là pour l’instant je savoure !!

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 11:15

Comme à chaque fin décembre, je fais mon petit bilan annuel. Cette année, c’est particulièrement… contrasté !

Commençons par ce qui n’était (n’est) pas terrible, comme ça on finira par une touche optimiste… enfin peut-être…

Cette année m’a montré (à nouveau) à quel point nous sommes tous fragiles. Tout peut aller bien ou presque, et d’un coup, un souci de santé peut vous rappeler brutalement que vous n’êtes pas si solide que cela… En ce mois de décembre, la famille a son lot de problèmes de santé, avec des annonces quasi simultanées… Pas d’étalage sur ce blog, évidemment… Si on ajoute que des collègues ont eu également leur lot de problèmes de santé, eux-mêmes ou dans leur famille, cela a bien plombé la fin d’année…

Alors du coup, tout cela m’a fait penser, au moment de Noël, qu’il faut profiter des siens le plus possible, parce que c’est bien cela qui compte. Sauf que… cela m’a bien fait penser aussi à ceux que je ne vois plus et que je n’entends plus au téléphone, sans savoir pourquoi… En fait, jusqu’à cet été, je ne comprenais pas pourquoi et cela me faisait de la peine. Alors cet été je leur ai dit. Et depuis, plus de nouvelles… Enfin, pas plus qu’avant, mais du coup maintenant, je sais qu’ils savent… Enfin bref, je ne sais pas si vous suivez, mais vraiment, cette fin d’année est douloureuse…

Si je remonte un peu à l’automne, je ne peux que repenser à cette période difficile au boulot, où la direction a voulu licencier une collègue en arrêt maladie (on tourne encore autour de la maladie…). La mobilisation d’un collectif de salariés a permis d’éviter ce licenciement, mais au passage les évènements ont fait remonter énormément de choses liées au mode de management, et nous avons passé 1 mois et demi très difficile, sans savoir ce qui allait se passait… Tout cela m’a aussi refait penser à l’année 2010 à Thomson, avec un conflit compliqué, toutes proportions gardées, et les mêmes difficultés d’un collectif de salariés à rester unis dans un climat de stress. (Et j’ai toujours ces pensées douloureuses pour Jean-Luc, parti trop tôt…) Désormais la situation est apaisée, puisque la direction a été écartée, mais tout n’est pas totalement clarifié : il y a encore de l’inquiétude, du flou sur l’avenir. Le premier trimestre 2017 sera déterminant, et probablement éprouvant…

Si je remonte encore, je trouve du positif : un boulot intéressant, avec une évolution rapide qui me plait (et accessoirement qui permet à la famille de boucler le budget mensuel !!). J’ai eu de la chance d’avoir cette opportunité. Il faut que j’arrive à garder le positif de cette année, mais j’ai du mal. Même en pensant à ce boulot intéressant, je ne peux pas m’empêcher de penser à mes horaires à rallonge, aux mails qu’il faut que je traite le soir pour ne pas être débordé, aux difficultés du moment pour réorganiser l’équipe sans direction, aux urgences et aux problèmes du quotidien qui prennent la tête lors de mes innombrables insomnies, aux samedis travaillés… Bref, ce boulot intéressant a des contreparties peu joyeuses… Je retrouve en partie la situation que je voulais fuir en 2010-2011, lors de ma première reconversion. Tout l’enjeu de 2017 sur le plan professionnel sera d’arriver à gérer cette situation pour trouver de la sérénité dans le travail… ce ne sera pas une mince affaire… Est-il possible d’avoir un travail intéressant sans qu’il nous bouffe ? Est-il possible de trouver un compromis entre vie professionnelle et vie privée ? Pas sûr…

Mais sortons de ma petite vie pour regarder ce qui s’est passé dans le monde cette année… ah merde… Trump, et le Brexit. Deux votes incroyables, surréalistes. Le populisme gagne. Les gens deviendraient-ils fous ? Je n’ose pas répondre à cette question. Ils sont désespérés, assurément. La faute aux irresponsables qui gouvernent sans considérer les gens, assurément. La faute aux possédants qui ne veulent pas partager, assurément. La faute aux médias (qui appartiennent aux possédants) qui nous font croire qu’il n’y a pas d’autre solution que de se serrer la ceinture, assurément. Mais alors que faire ? Je ne sais pas, mais je crains pour avril-mai 2017 en France…

Quoi d’autre dans le monde ? Le terrorisme partout, et la Syrie, Alep. Le Yémen. Le Soudan du Sud. L’Erythrée. La barbarie, encore et toujours. Merde. Monde de merde. Dirigeants inconséquents, sans courage.

Bon, il faut que je trouve une note positive pour conclure. La COP22 ? Euh… je n’ai pas compris ce qui en était sorti… de toute façon, entre le projet d’aéroport NDDL et la non fermeture de Fessenheim, je vois bien que la France ne tient pas ses engagements de la COP21, alors bon… et puis Trump, merde. Non, il ne faut pas chercher à l’international une note positive…

Revenons à ma petite vie. Des étudiants qui débattent entre eux du greenwashing, qui pigent d’un coup que le cours du pétrole influence le cours du riz, qui restent tard le soir « parce que le projet, il est super m’sieur ». Mes enfants qui commencent à comprendre le monde, qui me surprennent jour après jour. La dernière : « la médiathèque c’était mieux que la fête foraine » euh… ?!? Ma petite femme qui peut envisager sereinement son activité sans pression économique.

Ouf, j’ai quand même trouvé ce qui permet de regarder devant… 2016 se termine de façon merdique, espérons que 2017 sera meilleure. Mais pour les vœux, je n’ai même pas envie de trouver quoi souhaiter… quand je relis mes précédents vœux, et que je vois ce qui s’est passé l’année suivante… alors pour 2017, je ne souhaite rien. Vraiment rien : ne penser à rien, faire le vide de l’esprit, trouver une paix intérieure. Ça se peut ça ???

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 22:13

Depuis la fin de ma période d’essai, la directrice et moi discutons de l’évolution de mon poste. Et ce matin, pile 6 mois après mon embauche, la directrice a fait l’annonce « officielle » : à partir de demain je deviens directeur des études de l’EME.

Je ne m’imaginais pas du tout à ce poste il y a 3 mois. Depuis j’ai pris de l’assurance et j’ai surtout expérimenté en situation ce que ça pouvait donner. Et même si j’ai eu un peu de mal à réaliser avant l’été, me voilà désormais à ce poste à responsabilité, avec une vingtaine d’enseignants salariés et le double d’intervenants occasionnels, et sept salariés administratifs à manager.

Les missions principales sont d’assurer la bonne tenue des enseignements, leur cohérence et le respect des programmes ; de faire évoluer ces programmes pour améliorer en permanence les formations ; de coordonner les services pédagogiques administratifs pour assurer le fonctionnement quotidien ; d’assurer que les diplômes soient délivrés à ceux qui ont acquis les compétences, et que les étudiants soient traités équitablement.

C’est un travail passionnant et enthousiasmant. Les tâches sont nombreuses et très variées. L’équipe est très compétente et a à cœur de bien faire. Ce dernier point me rassure beaucoup et m’aide à ne pas stresser !

Me voilà désormais à l’aube d’une nouvelle étape professionnelle, assez incroyable si on retrace le fil des évènements qui ont permis que je sois là (démission du professeur d'énergie de l'EME en 2012; manque de candidats pour la formation ce qui a conduit à ne pas remplacer ce professeur; mon recrutement en tant qu'encadrant occasionnel; réduction du temps de travail de la directrice des études en 2014; difficulté à recruter un directeur des études; démissions de quelques intervenants qui m'ont permis d'augmenter mes temps d'encadrements et cours; rencontre impromptue avec la directrice de l'EME à la CCI de Rennes fin 2014; mon recrutement pour une mission qualité; puis enfin mon recrutement temps plein en mars dernier). Neuf évènements tous indispensables pour que j'en sois là aujourd'hui!

Je mesure la chance que j'ai...

Alors en route pour ces nouvelles aventures !

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Published by Dany
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 05:21

Deux votes étranges, coup sur coup.

D’abord, jeudi, le vote britannique, pour sortir ou rester dans l’Union Européenne. Ce vote est étrange, non pas tant sur le fond - car je n’ai pas à avoir d’opinion à la place des britanniques -, mais plutôt dans ses motivations. Si j’ai bien compris, la campagne a tourné autour de deux arguments : 1- l’immigration et 2- l’économie.

Sauf que… 1- le Royaume Uni n’applique pas les règles de libre circulation des personnes de l’espace Schengen. Donc le fait d’être ou pas dans l’Union Européenne ne change absolument rien à l’immigration. L’argument est juste hors sujet… C’est surréaliste que ce thème ait pris autant d’importance dans cette campagne. Il aurait pu être pertinent dans une élection législative interne, mais pas là.

Et 2- Si on fait la balance de ce que paie le Royaume Uni pour l’Union Européenne et de ce qu’il reçoit, et qu’on y ajoute les entreprises et emplois installés dans ce pays pour bénéficier à la fois de la situation fiscale avantageuse et du marché commun européen, cette balance est largement bénéficiaire pour le Royaume Uni. Cet avis est quasi-unanime, et les partisans du Brexit l’ont même avoué (après le vote, il est vrai…)

Et donc… pourquoi un tel vote alors que les arguments sont faux et archi-faux ? J’ai du mal à comprendre… est-ce une hystérie collective, un peu comme une soirée alcoolisée pendant laquelle on dirait des bêtises qu’on regrette le lendemain ? Au vu des réactions de certains électeurs cette semaine, cela ressemble à ça. Il y en a même 4 millions qui réclament un nouveau vote ! On croit rêver ! C’est dingue de voir que des électeurs auraient voté sans être très sérieux, au vu de l’impact du sujet. C’est navrant de voir autant d’irresponsabilité. Et maintenant, on s’aperçoit qu’il n’y a même pas de majorité politique pour gouverner et appliquer cette décision souveraine du peuple… du grand n’importe quoi !

Du coup, j’ai envie de dire, un peu cyniquement… bien fait pour vous les gars ! Si vous votez avec vos pieds sous l’emprise d’un alcool démagogique hors-sujet, et bien prenez le large, réfléchissez quelques années, et puis on verra ensuite ! Kenavo les bouseux !

Ensuite, dimanche, le vote de la Loire Atlantique sur l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Là encore, le peuple a parlé, il n’y a plus qu’à appliquer la décision du peuple ! Cela me fait mal, moi qui suis un opposant à ce projet. Mais voilà, c’est ça la démocratie. En fait je conteste le périmètre de ce vote, taillé pour avoir le « bon » résultat. N’empêche que ce scrutin révèle deux choses significatives.

1- Chacun vote pour soi-même. Globalement, ceux qui subissent les nuisances de l’aéroport actuel votent pour le transfert. Ceux qui subiront les nuisances du futur aéroport votent contre. Ceux qui perdent les emplois et les accès à l’ancien aéroport votent contre. Ceux qui pourraient profiter des emplois ou de l’accès au nouvel aéroport sans subir les nuisances votent pour. Le vote ne semble pas refléter une pensée pour l’intérêt général. C’est triste de voir ça…

2- L’économie prime, et tant pis pour l’environnement. Globalement la majorité raisonne avec des arguments économiques, et s’assoit sur l’environnement. L’environnement au sens planétaire, avec le réchauffement climatique, devrait être une préoccupation majeure. La COP21 semblait avoir aidé à une prise de conscience (peut-être seulement dans les médias !) Ce réchauffement climatique devrait nous inciter à réduire (tout au moins à ne pas développer) le transport aérien consommateur de kérosène. Le vote pour ce nouvel aéroport est clairement un vote pour le développement du transport aérien. On savait que le gouvernement agissait sans aucune cohérence avec ses engagements affichés pour l’environnement. On sait maintenant que le peuple, lui non plus, n’en a rien à battre ! Sans parler du massacre de 1600 hectares d’une zone importante pour la régulation de CO2 et la biodiversité. Dont acte, on s’assoit sur la COP21, on s’assoit sur la réduction des gaz à effet de serre, et on fonce vers le réchauffement climatique.

Non seulement on va dans le mur, mais en plus on accélère ! Et surtout, chacun pour sa gueule !

Je suis pourtant démocrate : la souveraineté populaire doit être respectée. Je suis donc d’accord par principe avec le fait d’être moi-même minoritaire, comme en ce moment pour l’aéroport (avec la réserve du périmètre du vote, puisqu’en l’occurrence je n’ai pas eu le droit de voter…).

Ces deux votes de la semaine dernière sont terriblement révélateurs. Au vu des arguments, pour ces deux scrutins comme pour les précédentes élections françaises et européennes (voir mes articles précédents), je ne comprends pas ce qui se passe. Je peux comprendre un rejet des gouvernants et des élites, puisque la situation de la majorité se dégrade. Mais je ne comprends ni les arguments ni les résultats constatés.

Cette bêtise ambiante me dégoûte… je me sens tellement décalé…

J’ai mal à ma démocratie…

 

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Published by Dany - dans politique
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 21:16

Nous sommes le 1er juin. J’ai donc terminé la période d’essai, me voilà désormais vraiment en CDI à l’EME !

C’est parti !

C’est vraiment parti pour une nouvelle expérience professionnelle. Pour le moment, je suis très content de ce poste. Je n’imaginais pas que cela me plairait autant, et ça fait du bien d’avoir cette bonne surprise ! Des tâches variées, des collègues sympas et passionnés, des étudiants rajeunissants et enrichissants, des projets super intéressants autour de méthodes pédagogiques innovantes. Et puis un regard sur l’ensemble des enseignements de l’école, avec lesquels je me familiarise progressivement. Tout cela est passionnant, et me permet aisément de passer au-dessus de quelques légers désagréments (les caractères et susceptibilités de certains !!). En fait, je me surprends à gérer tout cela sans stress, sans inquiétude, sans aucune aigreur. Quel changement par rapport à ma vie professionnelle passée ! Un grand tableau au mur pour gérer mes priorités, du recul et du tact à chaque instant pour gérer les susceptibilités et les personnalités de chacun, qui me font plus sourire que râler. Et voilà tout avance plutôt bien ! Je ne pensais pas que je saurais faire ce genre de boulot, avec une douzaine de projets à faire avancer en parallèle… comme quoi, on ne se connait jamais vraiment. Il faut parfois sortir de sa zone de confort pour en trouver une autre.

Et donc, c’est parti…

Et donc, pour Coxinergie, c’est parti ! J’appuie sur le bouton ce soir… C’est la fin d’une aventure très enrichissante aussi (enfin, pour le mental, mais pas pour le porte-monnaie !!! :-)) Je n’ai pas de regret, mais un petit pincement au cœur quand même… j’y croyais… mais voilà, entre le marché compliqué des particuliers, la concurrence vive sur le marché des collectivités, la volonté de l’Ademe et des collectivités de tirer la qualité vers le bas, et mon manque d’ardeur commerciale, en plus de ma trop grande intégrité et de ma fidélité à mes convictions, et bien Coxinergie ne pouvait pas être viable. J’avais bien travaillé l’aspect environnemental (pour les clients, et pour moi) ; j’avais bien travaillé l’aspect social (pour les clients, et pour moi) ; j’avais bien travaillé l’aspect économique pour les clients, mais je ne savais pas comment tournerait cet aspect économique pour moi... Or, pour qu’un développement soit durable, il faut l’environnemental, le social, et l’économique. Pour les clients, comme pour moi. S’il en manque un, cela ne peut pas être durable… Donc après avoir créé une société, embauché puis débauché un salarié, je vais maintenant expérimenter la dissolution de société… heureusement, je suis dans une situation agréable pour le faire, ce sera moins difficile.

C’est parti !

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Published by Dany - dans travail
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