Dimanche 23 mars 2014 7 23 /03 /Mars /2014 13:49

Aujourd'hui, c'est le premier tour des élections municipales. Je devrais être content d'exercer mon droit de vote, en  démocrate convaincu que je suis. Sauf que... sauf que dans ma commune, il n'y a qu'une seule liste de candidats.

Donc pas de débats autour des projets communaux, sur l'intercommunalité, sur la vision de l'avenir, sur les méthodes de gouvernance, etc etc...

Donc un seul tour, pour pas grand'chose, puisque le résultat de ce soir (le pourcentage) est bien entendu couru d'avance. Dans l'enveloppe électorale officielle, reçue récemment, un seul tract pas trop travaillé, avec un contenu mal ficelé, peu développé... quand il n'y a pas de concurrence, cela ne motive pas à convaincre... Alors comment exprimer son désaccord dans ce contexte? Il ne reste que le vote "blanc ou nul", même pas reconnu. A partir du 1er avril, le vote blanc sera comptabilisé à part, mais il ne changera rien au calcul des seuils et pourcentages... autant dire qu'il ne sera toujours pas reconnu!

C'est la première fois que je vis une telle élection, depuis mon premier vote en 1995. J'espère bien que ce sera le dernier, parce que c'est très désagréable de ne pas avoir le choix. On se demande si la démocratie est toujours vivante... J'ai quand même voté, puisque je tiens à exercer mon droit démocratique de base. Le seul enjeu de ce soir, dans ma commune, sera de savoir combien de suffrages n'ont pas été exprimés: taux d'abstention, nombre de blancs, nombre de nuls. On pourra calculer le rapport: nombre de voix pour la liste sur nombre d'électeurs inscrits, pour avoir une représentation de la légitimité de l'équipe qui se présente... mais cela changera-t-il quelque chose ... ? Tout cela ne m'inspire rien de bon... La question maintenant est: "comment ne pas répéter cela la prochaine fois?". Il y a 6 ans pour trouver la réponse...

 

Par Dany - Publié dans : politique
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Samedi 25 janvier 2014 6 25 /01 /Jan /2014 19:41

Depuis le temps qu'on devait le faire...

Ca y est, on a (Patricia a) définitivement débranché la télé! Plus d'écran qu'on regarde bêtement trop tard le soir! Plus d'émission idiote qu'on regarde quand même, comme hypnotisé par un rectangle de lumière...

Y'a toujours internet pour trouver une émission intéressante, et le PC pour regarder les DVD qu'on peut emprunter à la médiathèque intercommunale. Ca devrait suffire largement.

Arrivera-t-on à survivre? A suivre dans quelques jours...

Bientôt sur le bon coin: une télé cathodique Philips 55cm de 2000, et un lecteur DVD / disque dur / TNT Thomson de 2008. Prix super modéré, évidemment... mais pas encore fixé... remarquez, la télé c'est presque un modèle de collection non?

Par Dany - Publié dans : pfffffff
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Vendredi 17 janvier 2014 5 17 /01 /Jan /2014 18:51

Il y a 3 mois, je remportais un appel d’offre important pour ma petite entreprise, et donc pour mon salaire de 2014. C’était une excellente nouvelle.


Mais aujourd’hui, je viens de perdre un autre appel d’offre. Vous me direz : « bah, un de gagné, un de perdu, tu ne vas pas te plaindre, puisque ton salaire 2014 semble à peu près assuré ». Vous avez en partie raison. Sauf que… ce que je viens de perdre, ce n’est pas n’importe quel appel d’offre. Il s’agit de la réalisation d’audits énergétiques, subventionnés, pour tout un territoire. Autrement dit, seul le vainqueur pourra travailler sur le secteur pendant la durée du marché, puisque les autres seront beaucoup trop chers sans la subvention. Et il s’agit de mon propre territoire, la comcom du Pays de Châteaugiron, sur lequel je commençais à me faire une petite notoriété. Je ne pourrai plus travailler là pendant 2 ans, voire 4 si le marché est renouvelé. Accessoirement, c’est aussi le lieu où le profil et les revenus des particuliers étaient favorables.


Je ne comprends toujours pas pourquoi ce mode de fonctionnement (un prestataire unique) a été choisi. D’autres collectivités laissent les particuliers choisir leur bureau d’étude, lequel doit respecter un cahier des charges. Mais là, ils n’en veulent qu’un… j’ai peut-être une explication, mais je la trouve un peu légère : serait-ce par « confort » pour ceux qui s’occuperont du suivi de l’opération ? C’est simple de suivre un seul prestataire, beaucoup moins de contrôler les rapports de plusieurs, et de vérifier le respect du cahier des charges systématiquement. Encore moins simple s’il faut écarter un bureau d’étude qui ne respecte pas ce cahier des charges. Pour se faciliter la vie, on n’en garde qu’un, et tant pis pour les autres… Non, je dois me tromper d’explication… mais comme je ne l’ai pas eu, cette explication, je suis bien obligé de faire des suppositions…


Me voilà donc banni - de fait - de mon propre territoire… quelle ironie ! C’est la même collectivité qui m’a aidé à démarrer en 2012 et 2013, et qui m’expulse hors de ses frontières aujourd’hui ! Je viens de prendre possession de locaux, pour accueillir un stagiaire, je paye déjà et je vais payer un peu plus cher une contribution économique territoriale à cette collectivité, et j’en suis banni !!! Imaginez le truc : « Monsieur, vous devez payer votre impôt ici, et vous êtes expulsés sur le champ. L’année prochaine, vous paierez de nouveau cet impôt, et vous resterez à la frontière… » euh… je rêve là ?!? Non non, c’est bien ça !!! Le comble, c’est que c’est moi qui ai suggéré cette subvention pour les audits énergétiques, lors de l’élaboration de l’Agenda 21 du territoire... mais quel con ! Je m’imaginais naïvement que plusieurs pourraient travailler sur ce sujet, et que chacun pourrait gagner une partie de sa croute… J’ai encore perdu une occasion de me taire… Et en plus, je les ai aidé à définir le cahier des charges, à faire le tri parmi les prestations possibles… trop bon, trop con ! Dire qu’en plus (encore en plus en plus) j’ai déjà engagé un peu de publicité dans des magazines communaux du secteur… pour rien du tout ! Bon, j’arrête d’en jeter, je me déprime tout seul…


Allez, positivons, puisque pour 2014 je devrais m’en sortir. On verra en fin d’année si je dois déménager l’entreprise ailleurs, quelque part où j’ai le droit de travailler. Reste à espérer que les autres comcom dans le coin ne vont pas faire pareil qu’ici… (Parce que, je ne vous ai pas dit, mais le vainqueur massacre tellement les prix que je ne comprends pas comment il fait. L'avenir est à la prestation bas de gamme, et tant pis pour les clients. C'est le progrès... Si c’est pour faire comme ça, autant arrêter tout de suite !). Ou alors, j’engagerai une autre reconversion professionnelle … encore une…sauf que ce soup-ci, je n'aurai pas de financement... bref...


Quand j’étais salarié, j’avais la pression pour exécuter le boulot. On peut dire qu’il y avait carrément trop de boulot (jusqu’au plan social… le salariat c’est tout ou rien… bref !). Aujourd’hui, aucun soucis d’exécution… mais j’ai la pression pour en trouver, du boulot. A chaque étape son lot d’emmerdes ! A croire qu’on n’a pas le droit de vivre sans stress… quel monde bien foutu…

Par Dany - Publié dans : travail
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Lundi 30 décembre 2013 1 30 /12 /Déc /2013 16:08

Une drôle d’année 2013…

 

Une année triste et angoissante, qui a vu un ami perdre son père, jeune, trop jeune, et sans signe précurseur. Une année qui a vu mes parents aux prises avec des soucis de santé, dont certains très soudains, qui les ont fait frôler la mort sans prévenir. Tout cela fait réfléchir au sens de la vie, et font relativiser les petits soucis du quotidien. Qu’est ce qui compte vraiment, sinon profiter de ceux qu’on aime et qui nous rendent heureux ? Nous avons la chance (du moins, ma famille et moi avons cette chance) de connaitre la sécurité alimentaire, la paix, et d’avoir un toit pour se loger. Alors après cela, est ce que c’est l’argent qui compte ? Est-ce qu’il faut travailler toujours plus pour gagner plus ? (même pas sûr d’ailleurs, que travailler plus rapporte toujours plus…). Non, définitivement non. Le travail est et doit rester un moyen de gagner sa croûte (d’une manière agréable si on le peut, certes), mais ne doit pas être une fin en soi. Il ne doit surtout pas prendre une telle place qu’il nous coupe de nos proches…

 

Une année de succès professionnel (provisoire), parce que ma petite entreprise a gagné un marché important à réaliser en 2014. Mais un marché tellement important qu’il m’a mis face à mes contradictions, et m’a posé à la croisée des chemins. En effet, moi qui suis partisan de travailler juste ce qu’il faut pour vivre, je me suis trouvé face à ce qu’on peut résumer ainsi : « un travail assez gros pour remplir à temps plein mon agenda, sans me laisser le temps libre que je souhaite, mais qui peut difficilement permettre d’embaucher quelqu’un ». Me voici donc face à ce dilemme : soit j’exécute seul ce marché, qui me permet de bien gagner ma vie en 2014, mais qui ne me permettra pas de profiter un minimum de ma famille ni de poursuivre mes travaux à la maison ; soit je prends un local et une personne pour m’aider, mais du coup mes revenus seront moins confortables que prévu… J’ai donc choisi la deuxième solution, en « dosant » le risque, en choisissant « un certain équilibre » entre le revenu et le temps, mais surtout en espérant que la réalité de cet équilibre sera celle que j’escompte… C’est un peu angoissant, car c’est difficile de tenir le cap qu’on s’est fixé, de rester sur la ligne de crête entre la suractivité et le sous-revenu. Mais je ne vais pas m’en plaindre ! Il y a quelques mois je me demandais si j’arriverais à avoir le moindre euro de salaire en janvier, donc aujourd’hui je mesure le confort que j’ai de pouvoir faire un choix. Et j’espère que cela pourra durer au-delà de 2014.

 

Une année de questionnement sur mon engagement associatif… Je suis (un peu) engagé bénévolement avec les parents d’élèves de l’école primaire de mes enfants. Je participe au conseil d’école, au comité de pilotage communal sur le changement de rythmes scolaires, et jusqu’en juin j’étais membre de la commission cantine. C’est un rôle de « représentation » qui me plait, moi qui aime prendre des positions, les défendre, en débattre, rédiger des compte-rendus, etc. Et, il faut le dire, je n’aime pas subir ni me laisser faire, alors je vais dans les instances qui me sont accessibles, pour donner mon avis et demander ce que j’estime juste ! Sauf que, je me rends compte que je ne suis pas toujours « représentatif » d’une majorité de parents. J’ai souvent des positions personnelles plus « offensives » ou plus « radicales » que d’autres. J’adoucis toujours mes positions et je mesure mes propos, évidemment, puisqu’il est plus efficace d’avancer progressivement que de braquer ses interlocuteurs. Mais tout de même, je me demande souvent « à quoi bon tout cet investissement, tout ce temps passé, toutes ces soirées de réunion ? ». Quand si peu de parents lisent les compte-rendus de sujets qui concernent leurs enfants au premier plan ; quand si peu de parents donnent leur avis ; quand je suis si décalé d’eux (sur mes souhaits d’avoir de meilleures conditions de repos pour les plus jeunes enfants, de voir plus de bio à la cantine, de limiter les quantités de bonbons distribués dans l’enceinte de l’école, de suivre les sujets attentivement et consciencieusement, etc.) ; eh bien je ne sais pas si suis bien légitime ni si tout cela vaut le coût… en même temps, je ne prends la place de personne, puisqu’il n’y a pas beaucoup de volontaires pour ces instances qualifiées de « sérieuses » ou « ennuyeuses » par la plupart. Bref, je n’arrive pas à répondre à mes propres questions, que je me poserai de nouveau entre juin et septembre, à l’heure du renouvellement des instances de représentation des parents…

 

Une année de désespoir politique, où j’ai vu la gauche au pouvoir perdre son âme. Je l’appelle encore la gauche, puisque c’est l’usage dans les médias, mais je crois que je ne devrais pas. Trop de renoncements, trop de compromis avec le pouvoir économique et financier, qui font que ni les espoirs sociaux ni les espoirs environnementaux ne pourront se concrétiser avec cette « gauche » là. Je ne détaille pas la liste précise de mes déceptions, car elle serait trop longue. Ce parti est un parti centriste, pas un parti de gauche. Aux élections européennes je me tournerai plus à gauche et/ou plus au vert, mais certainement pas vers cette gauche molle qui s’est droitisée. Quant aux municipales, ma commune n’étant pas assez « politisée » pour avoir des listes étiquetées, l’enjeu est différent pour moi. L’enjeu est précisément : « y aura-t-il une deuxième liste de candidats, pour au moins permettre un réel débat démocratique ? »… on part de loin ! 

 

2013, c’est aussi, et surtout, une année de joies et de progressions dont je suis fier, chez mes enfants et mon épouse que j’aime. Mais sur tout cela, je vais rester discret, cela reste intime . Et puis aussi une année de questionnements, pour ne pas dire de déceptions, sur le nombre de coups de téléphone reçus d'une partie de ma famille... moi non plus, je ne suis pas du genre à téléphoner hyper souvent, mais tout de même... et ne parlons pas des visites! En cette période de fêtes, c'est un peu douloureux pour moi, puisque je n'ai pas pu voir tous ceux que j'aime, et que je me rappelle la dernière fois que j'ai parlé à chacun. Espérons que je puisse les voir et leur parler plus souvent, tout au long de 2014! ... message ! (NB: ce message ne s'adresse pas à ceux qui devaient venir et qui n'ont pas pu!) Je me rends compte que ceci renvoie au premier paragraphe de cet article... ironie de l'écriture spontanée!

 

 

… vers quel genre d’année 2014 ?

 

Nous verrons bien, puisque 2014 nous réserve son lot de surprises, bonnes ou mauvaises. Et justement, je crois que le mieux, c’est de se préparer à résister aux mauvaises surprises. Devenir « résilient ».

Résilience : Capacité à absorber une perturbation, à se réorganiser, et à continuer de fonctionner de la même manière qu’avant.

Ma propre définition va un peu au-delà : a-t-on vraiment besoin de fonctionner « comme avant » ? Par exemple : peut-on se passer de certaines choses superflues, ce qui nous permettrait de faire des économies, ou d’avoir besoin de moins gagner d’argent ? Ainsi, cela permettrait de résister à une chute de revenus, ou à un changement professionnel (subi ou volontaire). C’est un travail qu’on a commencé à faire dans notre petite famille, et qui nous a permis d’opérer des changements professionnels avec des baisses de revenus. Cela nous permet aussi de résister à cette trop fameuse « crise économique » dont on nous rebat les oreilles et qui n’est pas prête de se terminer, puisque la recherche éperdue de croissance ne la résoudra pas (au passage, voici le principal reproche que je fais à cette « gauche » au pouvoir : elle n’a pas cherché comment contourner le problème avec des yeux neufs. Il y a plein de propositions intéressantes, notamment à gauche de la gauche, et ces propositions ne sont même pas débattues, encore moins entendues… bref !).

 

Alors pour 2014, je vous souhaite bien sûr de la joie, de l’amour, du bonheur, mais pas forcément de l’argent… je vous souhaite surtout une année résiliente !

 

Par Dany
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Jeudi 12 décembre 2013 4 12 /12 /Déc /2013 10:14

Un article paru dans Ouest France mercredi 11 décembre.

(petite précision: ce n'est pas un salarié mais un stagiaire pour l'instant)

article-OF-11-decembre-2013.jpg

Par Dany - Publié dans : travail
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Samedi 23 novembre 2013 6 23 /11 /Nov /2013 15:15

Il y a encore 1 mois et quelques jours, je me demandais si ma petite entreprise aller fonctionner, et si je pourrais me verser un salaire en 2014. En septembre j'ai répondu à quelques appels d'offres de marchés publics, sans grands espoirs... et puis...

22 octobre: "1 nouveau mail": "J’ai le plaisir de vous informer que votre offre a été retenue parla Commission d’attribution". Youhou! Réalisation de prédiagnostics énergétiques d'entreprises, dans certains parcs d'activité. Le donneur d'ordre est Idéa35, l'agence de développement économique de l'Ille-et-Vilaine. Si les entreprises adhèrent au dispositif, j'ai un an de travail d'assuré, et donc un an de salaire. C'est plus que je ne pouvais en rêver!

Du coup... on enchaine:

25 novembre, Coxinergie emménage dans un local à Piré, en plein bourg.

2 décembre, le premier stagiaire de l'entreprise arrive! Et si le volume de travail se confirme, le stage se transformera en emploi...

En un mois, je passe de "agenda vide, bientôt plus de tunes" à "petit patron surbooké" ! Quel retournement, et quel plaisir de bosser! (Quand on fait ce qui nous plait et qu'on a du positif devant, c'est possible de bosser avec plaisir!).

Par Dany - Publié dans : travail
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Dimanche 1 septembre 2013 7 01 /09 /Sep /2013 17:25

J’ai pris conscience de quelques trucs quand j’ai eu mon premier enfant. Le besoin de passer du temps avec lui et mon épouse, et l’ampleur des tâches ménagères, m’ont fait renoncer à une partie de mon salaire pour passer à temps partiel. Fort heureusement pour nous, nos salaires nous le permettaient sans sacrifice. Et nous avons poussé la réflexion jusqu’à ne plus vouloir sacrifier notre temps pour des salaires, fussent-ils importants. Nous considérons que, au-delà d’un certain seuil, le gain financier ne vaut plus le temps manqué auprès de nos proches, ou pour s’acquitter des tâches ménagères, du bricolage, du jardinage, etc. Aujourd’hui avec deux enfants, nous avons expérimenté plusieurs situations, plus ou moins volontairement : un qui travaille à temps plein, l’autre pas du tout ; les deux qui travaillent à 80% ; un à temps plein, l’autre à 80% ; et enfin un qui travaille à 80%, l’autre pas du tout. (ici quand je dis travailler, je parle de travail salarié, pour que tout le monde comprenne. Mais cela ne reflète pas ma pensée réelle : à la maison il y a beaucoup de travail !).

Nous n’avons même pas voulu tester le travail à temps plein tous les deux, car cela aurait été invivable !  Pour nous, (et pour beaucoup de gens à mon avis, de ce que je vois), il est quasi impossible de s’occuper correctement d’enfants et d’une maison en travaillant à deux à temps plein… soit la maison est en bazar le vendredi soir, et il faut un samedi entier de ménage pour rétablir un minimum de survie, soit on tape dans son temps de sommeil en semaine pour survivre proprement, soit on sacrifie les enfants qui sont en garderie pendant de longues, très longues journées, et/ou qui se couchent trop tard, soit on a plein d’argent et on paye quelqu’un pour le ménage, les enfants, etc, mais on n’élève pas soi-même ses enfants…

Bref, cette situation est à mes yeux inacceptable. Et c’est le principal grief que j’ai envers notre organisation économique et sociale : il est très difficile de vivre « normalement » -pour moi la normalité c’est de s’occuper de ses enfants et de s’acquitter des tâches ménagères, et d’avoir encore un peu de temps pour les loisirs- tout en gagnant correctement sa vie. Aujourd’hui, deux SMIC ne permettent pas cela. Pour commencer à avoir le choix, il faut pouvoir dégager entre 2,5 et 3 SMIC (pour 2 adultes et 2 enfants). Soit l’un gagne tout cela et l’autre peut arrêter de travailler, soit les deux passent à temps partiel, soit l’un est à temps plein et l’autre à temps partiel, etc. Bref, il faut bien gagner sa vie pour avoir le choix… la majorité des gens n’ont pas de choix.

Cela mène à considérer les choses de cette manière : soit les salaires ne sont pas assez élevés, soit le temps de travail est trop important. Ou les deux…

Et pourtant, il y aurait moyen d’arriver à une situation où les gens auraient ce choix : car  si on divise le temps total de travail en France, par le nombre d’actifs (incluant les chômeurs, donc), on arrive entre 28 et 32 heures de travail par semaine, selon les sources des chiffres. Une réduction massive du temps de travail à 32h par semaine annulerait le chômage, et donnerait du temps à tous pour vivre normalement ou presque… mais bon, j’ai l’impression que cette idée n’est plus à la mode, même à gauche… (quand je dis à gauche, c’est vite dit… bref !). On pourrait aussi imaginer qu’on abandonne certains secteurs industriels inutiles et polluants, et qu’on réduise encore la quantité de travail (sans toucher aux besoins vitaux). Ceci nous emmène sur le chemin de la décroissance, mais pourquoi pas ? Là je vais me sentir vraiment seul… non ?

Ou alors, on pourrait répartir le PIB un peu plus équitablement : si on divise le PIB par le nombre de Français (je compte même les enfants), on arrive à plus de 30 000 euros par tête. Sans réclamer une stricte égalité des salaires pour tous (encore que, pourquoi pas ?), je pense qu’on pourrait réclamer une plus juste répartition, et en tout cas augmenter franchement le SMIC, en diminuant tout aussi franchement les rémunérations folles de certains… Mais cela nous mène vers des voies très à gauche, et cela n’est pas non plus à la mode, dans notre France si « droitière »…

Ça donnerait du choix aux gens, et permettrait de vivre. Vivre et non pas survivre…

 

Mais dans une économie capitaliste et concurrentielle, ce n’est pas possible. Ce n’est même pas la faute de chacun des patrons séparément, c’est la logique globale qui domine le monde : il faut bosser le plus possible, avec des salaires les plus bas possibles. Celui qui fait ça remporte les marchés. Les autres déclinent. S’ils ont une avancée technique, ils peuvent maintenir un écart, mais tôt ou tard cette avancée est rattrapée. Et tant pis pour le travailleur lambda, qui doit accepter soit de travailler plus, soit de gagner moins, soit d’être au chômage. On est vraiment collectivement « cons », car on est capable de produire à manger pour tous, on a la technologie et les ressources pour avoir tous un logement, des habits, et un peu de chauffage si besoin, et on n’y arrive pas ! Certains ont tout, beaucoup n’ont pas le minimum…

 

Mais même dans ce monde qui pousse à accepter de bosser plus en nous faisant miroiter du « pouvoir d’achat », on peut quand même essayer de voir les choses autrement, et bien regarder de combien on a vraiment besoin chaque mois. A-t-on besoin de partir une deuxième ou une troisième fois dans l’année en vacances ? A-t-on besoin de changer –encore - de téléphone portable ? A-t-on besoin d’acheter un nouveau T-shirt ? A-t-on besoin d’un téléviseur encore plus grand que le précédent (qui fonctionne toujours…) ? Je me dis bien des fois, que certains devraient revoir leurs priorités : ils auraient moins de soucis pour finir leurs mois… et du coup, ils pourraient aussi améliorer certaines choses comme par exemple manger plus sainement, peut-être même bio (le budget nourriture est souvent le premier sacrifié, alors qu’il devrait être le budget prioritaire à mon sens…). Et surtout, ils pourraient envisager de vivre au lieu de survivre…

Quand on revoit ses besoins, et surtout quand on évite de confondre besoins et désirs, on s’aperçoit qu’on n’a pas forcément besoin de gagner plus. Certains pourraient même gagner moins, sans sacrifier l’essentiel. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit (écrit) : je ne suis pas en train de dire qu’on peut baisser les salaires, et surtout pas le SMIC. Je dis juste qu’avant de vouloir gagner plus, on pourrait essayer d’avoir besoin de moins. Et je ne dis pas non plus que c’est facile : par exemple, il n’est pas simple de passer à temps partiel, parce que « c’est mal vu » ou parce que le patron ne veut pas s’embêter à gérer cela… (ça c’est vraiment une mauvaise raison, mais elle est si fréquente !). N’empêche que la question mérite un examen, une réflexion

 

Pour revenir à mon petit cas personnel, la difficulté à « vivre normalement » avec nos métiers nous a fait changer de voie professionnelle (entre autres raisons… mais ce n’est pas le propos). L’analyse des besoins, la suppression du superflu ont été faits il y a bien longtemps, et se poursuivent chaque jour… mais en cette période de rentrée scolaire, ma petite entreprise doit prouver sa capacité à me délivrer un salaire correct d’ici à janvier, tout en me laissant un peu de temps pour « vivre ». C’est le défi… et l’anxiété… Si je n’y arrive pas, ce sera un bel échec, et il faudra que je cherche un emploi salarié, qui sera sans doute « à temps plein » et « mal payé », avec toute la difficulté évoquée plus haut… si j'en trouve un... sinon ce sera ... la merde!

 

Il y a des moments comme ça, ou je me dis que vraiment on est dans un monde de merde, si mal organisé… J’ai la rage de voir que nos dirigeants ne cherchent que « la croissance » alors qu’elle est la source de nos maux, et qu’on devrait apprendre à s’adapter sans croissance (puisque de toute façon elle n'est pas là...). J’ai la rage de voir que dans les médias il n’y a absolument aucun débat sur des choix de société tels que celui que j’évoque ici (compromis temps/argent ; juste salaire ; vivre et non consommer ; etc.). A une époque, il y avait débat entre capitalisme et communisme. Le communisme et ses errements ont été défaits, mais on pourrait avoir le droit de vouloir autre chose que le capitalisme, non ? Aujourd’hui je sais que je ne suis pas tout à fait seul à vouloir autre chose, mais enfin sommes-nous si peu nombreux à avoir ce genre de réflexions ?

 

J’ai la rage de tout cela, et j’ai peur de ne pas pouvoir m’extirper de ce marasme…

Par Dany
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Jeudi 18 juillet 2013 4 18 /07 /Juil /2013 17:22

Depuis peu de temps, je paye mes cotisations au RSI (Régime Social des Indépendants = la sécu des patrons). Avec mon dernier appel de cotisations de la partie maladie, j’ai reçu une lettre d’informations des présidents des conseils d’administration des caisses « RSI maladie des professions libérales de Paris et de Province ». – Au passage, il y a un nombre de caisses incroyable pour « le RSI » : quand j’entends des patrons demander à l’Etat de simplifier son administration, ça me fait bien rigoler ! Commençons par simplifier les caisses patronales pour faire des économies d’échelle… bref ! -. Donc, j’ai reçu une lettre d’informations qui commence par « parlons de ce qui fâche » et qui fustige les hausses de cotisations décidées récemment par le gouvernement. Je cite en vrac : « dénoncer cette anomalie » « augmentation brutale » « solidarité dont les professions libérales ont toujours fait preuve »…

Avant de détailler la hausse qui fâche, il est important de préciser certaines choses pour le lecteur qui ne connait pas le système des indépendants, autrement dénommés « travailleurs non-salariés »  (TNS). Le TNS (patron de l’entreprise), se verse un salaire net, puis paye des cotisations dans les différentes caisses du RSI en fonction de ce salaire (maladie, vieillesse, famille, etc.). Le total des cotisations varie de 40 à 45% du salaire net, en fonction de la branche d’activité et du montant du salaire. Pour un salarié, ce pourcentage varie de 60 à 80% (total des cotisations salariales et patronales). La différence ne s’explique pas seulement par la cotisation chômage, que n’ont pas les TNS. Les autres cotisations sont plus faibles pour les TNS que pour des salariés. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas ! Même si j’ai bien une idée… Donc, ce système fait qu’il est bien plus avantageux pour un patron d’être TNS plutôt que salarié.

Et donc, parmi les diverses mesures prises par le gouvernement pour renflouer les comptes des caisses de sécurité sociales, il y en a une qui touche la cotisation maladie des TNS :

Avant : cotisation de 6,5% du salaire jusqu’au plafond de la sécurité sociale (37 032 €/an), puis 5,9% jusqu’à 5 fois le plafond (185 160 €/an). Au-delà de ce plafond, aucune cotisation n’est due au titre de l’assurance maladie.

Désormais : cotisation de 6,5% quel que soit le salaire, sans plafond.

Et voilà donc que nos présidents de caisses se plaignent qu’on se mette à taxer les revenus supérieurs à 185 160 €… oui oui, vous avez bien lu ! Nos patrons patronaux sont mécontents qu’on demande un peu de solidarité à ceux qui gagnent plus de 15 430 € par mois ! Tout en se targuant d’une solidarité « dont les professions libérales ont toujours fait preuve ». J’hallucine ! Jusqu’à présent, ils n’étaient pas du tout solidaires pour la part de revenu qui dépasse cette somme énorme, et désormais ils le seront, en toute logique. Car la logique, rappelons là, c’est « cotise selon tes moyens, reçois selon tes besoins ». Donc, le déplafonnement des 185 160€ n’est qu’un rétablissement du principe de base, qui ne privera la personne concernée de rien du tout. Au-delà de 15 430€ par mois, je crois qu’on vit assez bien, non ?

Pour compléter la lettre d’information très partisane, quelques exemples de « hausses » de cotisations sont donnés, pour des revenus du 200 000, 250 000, et 300 000 € ! On croit rêver ! Les patrons qui gagnent autant sont-ils si nombreux ? Et cela leur posera-t-il vraiment problème ?

De plus, même après cette hausse de cotisation et quelques autres (comme l’assujettissement des dividendes du gérant majoritaire aux cotisations sociales, lui aussi très logique. Cette faille énorme a profité à de nombreux patrons, petits ou grands, pour éviter les cotisations. La fin de cette anomalie est une mesure juste et solidaire), le statut de TNS reste bien plus avantageux financièrement que le statut de salarié. Alors arrêtez de vous plaindre, et soyez heureux que quelqu’un cherche à sauver les caisses de solidarité au lieu de les vider de leur substance comme précédemment… Parce que si la solidarité face à la maladie n’existe plus, alors les salariés auront du mal à revenir vite au travail après une maladie. Et sans salariés à leur poste, terminés les salaires patronaux à 200 000 € !

Par Dany - Publié dans : travail
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Samedi 22 juin 2013 6 22 /06 /Juin /2013 15:46

Comme souvent, nos responsables manquent de courage et de cohérence. Les journalistes, les observateurs, et nous tous n’avons pas le même avis sur le type de courage qu’il faudrait… le courage d’augmenter nos salaires ? ou le courage de baisser le coût du travail ? Le courage de ponctionner de l’argent aux plus riches ? ou le courage de démonter notre sécurité sociale (santé, retraites, etc.) ? le courage de prendre des mesures antiéconomiques pour sauvegarder notre environnement ? ou le courage de sacrifier la planète pour avoir plus de croissance économique ?

On parle de sujets essentiels, qui ne peuvent pas être abordés facilement, sans débat. Chaque mesure a un impact à long terme, dans un sens ou dans un autre. Mais pour le moment, depuis plus d’un an de présidence Hollande, j’ai l’impression qu’on ne sait pas quels sont les choix qui sont faits. Ou plutôt, pour être précis, j’ai l’impression qu’aucun choix clair n’est fait ! On veut tout et son contraire, et comme les mesures prises ne sont pas franches ni nettes, au final on n’a rien. C’est pour cela que je dis qu’on manque surtout de cohérence.

L’économie reste atone, et l’environnement est toujours aussi menacé. Par exemple, on n’exploite pas les gaz de schiste (donc on n’a pas d’énergie à bas prix), mais on autorise les expérimentations (donc on risque de sacrifier nos nappes phréatiques). Autre exemple : on maintient le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes – au nom du développement économique -, mais on ne développe pas le réseau de TGV qui va avec. Donc ce développement économique sera limité, et l’environnement sera de toute façon sacrifié localement. De plus, on lance un signal qui dit « prenez l’avion plus souvent, c’est bon pour le pays, on vous soutient », et en même temps on dit qu’il faut bruler moins de ressources pétrolières, et on va taxer les transports routiers (éco taxes, rééquilibrages diesel essence, etc.) qui sont bons pour l’économie. Faudrait savoir. Encore un autre exemple : toutes les grandes villes nous incitent à ne plus prendre la voiture : on favorise le transport en commun, on limite les places de parking, on rend la voiture chère en centre-ville. Entre ceci et la « crise » économique, les gens roulent moins en voiture, donc des usines automobiles et leur sous-traitants ferment (dont notamment des usines de pneumatiques). Et là les mêmes responsables politiques s’offusquent de la désindustrialisation. Mais enfin, il faudrait savoir ce que l’on veut, et assumer les choses jusqu’au bout ! Un dernier exemple, très présent en Bretagne : on veut rétablir la qualité de l’eau, et le ministère de l’environnement demande aux agriculteurs des efforts environnementaux pour réduire les conséquences des élevages sur les sols et l’eau. Par ailleurs le ministère de la santé dit « mangez moins de viande ». Du coup on se dit qu’il faudrait moins d’élevages, ou des élevages moins productifs. Mais en même temps, le ministère de l’agriculture veut augmenter toujours plus les productions de viande. Et son allié le ministère du redressement productif veut plein d’usines agroalimentaires toujours plus exportatrices. Mais bon sang, on ne peut pas avoir tout et son contraire !

Il faut faire des choix, et assumer les conséquences : certaines mesures sont nécessaires –indispensables- pour notre environnement et donc pour nous et nos enfants, mais détruisent certains emplois, parfois en grand nombre. Il faudrait avoir le courage de le dire, et soutenir les gens concernés pour se reconvertir. Ce serait difficile, mais faisable. Et ce serait courageux, pour une fois… Ou alors, on fait un autre choix : tant pis pour l’environnement, et donc tant pis pour nos enfants. On favorise à fond la croissance économique à court terme, et on accélère la course vers le mur. « Jusqu’ici tout va bien… »

Le gouvernement précédent était de droite, et assumait le sacrifice de l’environnement et des salariés au nom de la croissance économique (ça a raté, d'ailleurs... pas de croissance...). Notre gouvernement actuel a une politique fondamentalement centriste, qui ne se positionne pas clairement pour une tendance ou pour une autre. Il est à la fois de gauche pour certaines choses et de droite pour certaines autres. Ou alors, selon la façon de voir, il n’est ni de gauche ni de droite. Et nous, on attend que ça se passe ou on secoue un peu le cocotier pour que le gouvernement passe à gauche?

 

Par Dany - Publié dans : politique
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Mercredi 29 mai 2013 3 29 /05 /Mai /2013 14:41

Je viens d'adhérer à l'association NégaWatt: http://negawatt.org

Lundi soir, j'ai assisté à une conférence-débat de Bernard Multon, ambassadeur NégaWatt. Il nous a détaillé les enjeux et le scénario NégaWatt bâti en 2011. Ce scénario permet de dépasser largement les objectifs européens des 3x20 ou le Facteur 4. Il y a quelques temps je pensais ce scénario un peu trop utopiste. Mais en fait, vu les échanges de lundi soir, ce scénario est très réaliste! Beaucoup de choses ont été prises en compte, y compris la réalité économique et les freins/lenteurs au démarrage.

Récemment, ce scénario a même été décortiqué par Philippe Quirion, qui a montré que les destructions d'emplois étaient largement compensées par les créations d'emplois nouveaux: le bilan est positif sur l'emploi.

En tous points (sauf pour certains lobbies en place), ce scénario semble possible et réaliste. Il ne manque que la volonté politique et/ou la poussée citoyenne pour y arriver...

 

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Par Dany - Publié dans : politique
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