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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 04:45

Drôle d’époque, qui voit une nouvelle fois le FN en très bonne position électorale.

Drôle d’époque, qui voit « la gauche » et « la droite » avoir peu ou prou la même politique économique et sociale, qui ne résout rien et qui aggrave les inégalités, qui fait le lit d’une extrême droite soit disant antisystème qui pourtant n’a pas de programme économique et social différent…

Drôle d’époque, qui voit si peu de gens avoir confiance en « la gauche de la gauche » pour solutionner l’impasse actuelle. Problème de leader ? Problème de programme ? Ou problème de réflexion trop longue à soutenir pour des esprits habitués à raisonner en 140 caractères avec 3 hashtags maximum ? Ou problème de médias trop inféodés à la ploutocratie en place ? Probablement tout à la fois…

Car en fait, drôle d’époque qui ne s’interroge pas et qui ne débat pas des sources des problèmes… notamment, depuis la crise économique de 2008, tout le monde devrait savoir comment est créée la monnaie et pourquoi on est dans une telle panade. En le sachant, nous aurions tout de suite vu la solution au problème. Mais non, il ne se passe rien, et on continue de presser le citron de milliards de gens pour que quelques milliers continuent de s’enrichir. On fait pourtant ce constat, et ce faisant on comprend pourquoi rien n’a changé, et on continue de regarder ailleurs, on continue de ne pas se poser la question… mais de quoi nous parle-t-il ? « La monnaie c’est compliqué, les gouvernements et les banques centrales s’en occupent. » Eh bien, justement non ! Non ce n’est pas compliqué, et non les gouvernements ne s’en occupent pas. Voilà la problème ! C’est très simple : la monnaie est aujourd’hui créée par les banques, lorsqu’elles émettent des dettes, c’est-à-dire lorsque quelqu’un emprunte. Et la monnaie est détruite lorsque cette dette est remboursée. Les intérêts ne sont pas détruits, ils servent à rémunérer tout le monde… Mais pour trouver la monnaie correspondant à ces intérêts, il faut que d’autres dettes soient émises. Sinon, on ne trouve pas la monnaie pour payer la banque… Et pour rembourser ces autres dettes, il faut encore plus de dettes… Et c’est comme cela que la croissance de la masse monétaire s’établit, et s’auto-entretient. D’ailleurs il n’y a pas le choix : pour rembourser des dettes, il faut de la croissance. Pour avoir de la croissance, il faut des dettes. C’est la boule de neige. Mais quand l’endettement ralentit, c’est la crise. C’est ce qui se passe depuis 2008. Et le discours soi-disant vertueux sur le désendettement nous maintient dans la crise, puisqu’il faudrait de la dette pour avoir de la croissance ! Alors comment sortir de cela ? Soit on repart dans un nouveau système d’endettement, soit on change la façon dont la monnaie est émise… car avant les années 70, la monnaie n’était pas émise par les banques seules… mais nulle part on ne débat de cela… On nous rabâche qu’il faut travailler pour la croissance, tout en nous disant qu’il faut se désendetter, mais c’est juste impossible. On ne va pas à la source du problème… drôle d’époque, qui ne cherche pas à aller aux racines du mal… (Pour la monnaie, cherchez des vidéos pédagogiques de Gérard Foucher, c’est très facile à comprendre).

Drôle d’époque, qui voit la France, patrie des droits de l’Homme, refuser d’aider quelques milliers de réfugiés. Le racisme n’est même plus voilé, il est affirmé ouvertement. Alors bien sûr, on trouve quelques ministres, députés, maires, citoyens, nous dire la main sur le cœur qu’il faut ouvrir nos portes aux malheureux, après avoir vu la photo d’un enfant mort. Mais cela ne trompe personne d’autre que des journalistes. Car on voit bien les expulsions par milliers, pilotés par ces ministres. On voit bien la non production de logements sociaux ou d’urgence, pilotée (non pilotée) par les maires. On voit bien la course derrière les idées du FN, pilotée par toute la classe politique. On voit bien le rejet des voisins « pas comme nous », ici et là… Car en fait, on voit bien le racisme de plus en plus ouvert des Français… les gens ne se cachent plus pour repousser le non chrétien, le non blanc, le non « comme soi ». On dirait que les gens ont oublié leurs leçons d’histoire. La France de 2015 me fait penser à la France des années 1930. Je ne suis pas historien, mais de ce que je me souviens de mes années collège et lycée, il y avait dans ces années-là une haine ouverte des juifs. Aujourd’hui il y a une haine ouverte des musulmans et des immigrés en général. A-t-on oublié quelles ont été les conséquences ? A-t-on oublié qu’on s’est trouvé bien con d’avoir mis tous les juifs dans le même panier ? (D’ailleurs il ne faut pas croire qu’on a soldé le passé… aujourd’hui en Israël et en Palestine, les gens subissent encore les conséquences de cette seconde guerre mondiale. Cela aussi, on l’oublie…). Quand je lis certains articles ou retranscriptions d’interviews, des fois je remplace « musulman » ou « immigré » par « juif »… ça fait froid dans le dos… drôle d’époque…

Drôle d’époque encore, qui justifie ce racisme crasse par un prétendu problème économique : « on n’a pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde » oubliant le reste de la phrase de Rocard : « mais la France doit prendre sa part ». Car en fait, même avec les hypothèses hautes d’entrées de réfugiés, cela ne ferait jamais qu’un pour cent habitants. Soit pour ma commune de 2300 habitants, 23 personnes. Soit 4 ou 5 familles. Je vois déjà où pourraient être les 4 ou 5 logements à leur proposer, car il y en a de vacants. Ces 4 ou 5 familles, bien que nécessitant des subsides financiers, feraient tourner les commerces. Les adultes chercheraient à travailler, et « relanceraient » l’économie. J’entends ici certains d’entre vous râler : « mais ils ne vont pas chercher à travailler, puisqu’ils pourront profiter des alloc ». Là vous me faites bien chier avec vos réflexions à la mord-moi-le-nœud. D’abord, des tas de Français ne cherchent pas à travailler, tout simplement parce qu’il n’y a plus assez de travail. (Voir mon chapitre plus haut sur la monnaie et la dette, puisqu’au lieu de tirer à vue sur les victimes, on pourrait chercher d’où vient le chômage...) Pourquoi un réfugié sans travail serait plus problématique qu’un Français sans travail ? Cette réflexion est du racisme. Cela me donne envie de vomir… Et puis on voit bien qu'ils cherchent à travailler, puisqu'ils veulent majoritairement aller en Allemagne et au Royaume Uni, où ils espèrent en trouver... De plus, pourquoi par ailleurs se réjouir de la hausse de la population française, sous forme de naissances et d’allongement de la durée de vie ? Pourquoi cela ne serait pas un problème d’avoir plus de Français (pour l’économie, pour les ressources naturelles) et pourquoi cela serait un problème que la hausse de population soit pour partie due à une immigration ? Je n’en peux plus de ce racisme débile et crasseux… Mais certains vont me dire : « le problème, c’est que certains immigrés ne vivent pas comme nous, on va perdre nos traditions » sous-entendu, nos traditions chrétiennes. Voilà une autre réflexion bien débile ! D’une part, pourquoi 1% de renouvellement de population mettrait en péril la façon de vivre ? D’autre part, qui me parle de pertes de traditions ? Ceux qui ne vont plus à la messe ? Ceux qui pratiquent allègrement l’adultère ? Ceux qui se séparent à la moindre difficulté et qui ont changé X fois de conjoint en quelques années ? Ceux qui sont pour la contraception et la liberté sexuelle (y compris l’homosexualité) ? Allons allons, la société française (et européenne) a énormément changé ces 40 ans dernières années (et c’est tant mieux !) Et elle l’a fait par elle-même, pas par l’influence d’immigrés. Je ne vois vraiment pas ce qui fait peur…

Drôle d’époque… moi ce ne sont pas les réfugiés ou les immigrés qui me font peur, ce sont les Français trop cons…

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Published by Dany
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