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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 11:15

Comme à chaque fin décembre, je fais mon petit bilan annuel. Cette année, c’est particulièrement… contrasté !

Commençons par ce qui n’était (n’est) pas terrible, comme ça on finira par une touche optimiste… enfin peut-être…

Cette année m’a montré (à nouveau) à quel point nous sommes tous fragiles. Tout peut aller bien ou presque, et d’un coup, un souci de santé peut vous rappeler brutalement que vous n’êtes pas si solide que cela… En ce mois de décembre, la famille a son lot de problèmes de santé, avec des annonces quasi simultanées… Pas d’étalage sur ce blog, évidemment… Si on ajoute que des collègues ont eu également leur lot de problèmes de santé, eux-mêmes ou dans leur famille, cela a bien plombé la fin d’année…

Alors du coup, tout cela m’a fait penser, au moment de Noël, qu’il faut profiter des siens le plus possible, parce que c’est bien cela qui compte. Sauf que… cela m’a bien fait penser aussi à ceux que je ne vois plus et que je n’entends plus au téléphone, sans savoir pourquoi… En fait, jusqu’à cet été, je ne comprenais pas pourquoi et cela me faisait de la peine. Alors cet été je leur ai dit. Et depuis, plus de nouvelles… Enfin, pas plus qu’avant, mais du coup maintenant, je sais qu’ils savent… Enfin bref, je ne sais pas si vous suivez, mais vraiment, cette fin d’année est douloureuse…

Si je remonte un peu à l’automne, je ne peux que repenser à cette période difficile au boulot, où la direction a voulu licencier une collègue en arrêt maladie (on tourne encore autour de la maladie…). La mobilisation d’un collectif de salariés a permis d’éviter ce licenciement, mais au passage les évènements ont fait remonter énormément de choses liées au mode de management, et nous avons passé 1 mois et demi très difficile, sans savoir ce qui allait se passait… Tout cela m’a aussi refait penser à l’année 2010 à Thomson, avec un conflit compliqué, toutes proportions gardées, et les mêmes difficultés d’un collectif de salariés à rester unis dans un climat de stress. (Et j’ai toujours ces pensées douloureuses pour Jean-Luc, parti trop tôt…) Désormais la situation est apaisée, puisque la direction a été écartée, mais tout n’est pas totalement clarifié : il y a encore de l’inquiétude, du flou sur l’avenir. Le premier trimestre 2017 sera déterminant, et probablement éprouvant…

Si je remonte encore, je trouve du positif : un boulot intéressant, avec une évolution rapide qui me plait (et accessoirement qui permet à la famille de boucler le budget mensuel !!). J’ai eu de la chance d’avoir cette opportunité. Il faut que j’arrive à garder le positif de cette année, mais j’ai du mal. Même en pensant à ce boulot intéressant, je ne peux pas m’empêcher de penser à mes horaires à rallonge, aux mails qu’il faut que je traite le soir pour ne pas être débordé, aux difficultés du moment pour réorganiser l’équipe sans direction, aux urgences et aux problèmes du quotidien qui prennent la tête lors de mes innombrables insomnies, aux samedis travaillés… Bref, ce boulot intéressant a des contreparties peu joyeuses… Je retrouve en partie la situation que je voulais fuir en 2010-2011, lors de ma première reconversion. Tout l’enjeu de 2017 sur le plan professionnel sera d’arriver à gérer cette situation pour trouver de la sérénité dans le travail… ce ne sera pas une mince affaire… Est-il possible d’avoir un travail intéressant sans qu’il nous bouffe ? Est-il possible de trouver un compromis entre vie professionnelle et vie privée ? Pas sûr…

Mais sortons de ma petite vie pour regarder ce qui s’est passé dans le monde cette année… ah merde… Trump, et le Brexit. Deux votes incroyables, surréalistes. Le populisme gagne. Les gens deviendraient-ils fous ? Je n’ose pas répondre à cette question. Ils sont désespérés, assurément. La faute aux irresponsables qui gouvernent sans considérer les gens, assurément. La faute aux possédants qui ne veulent pas partager, assurément. La faute aux médias (qui appartiennent aux possédants) qui nous font croire qu’il n’y a pas d’autre solution que de se serrer la ceinture, assurément. Mais alors que faire ? Je ne sais pas, mais je crains pour avril-mai 2017 en France…

Quoi d’autre dans le monde ? Le terrorisme partout, et la Syrie, Alep. Le Yémen. Le Soudan du Sud. L’Erythrée. La barbarie, encore et toujours. Merde. Monde de merde. Dirigeants inconséquents, sans courage.

Bon, il faut que je trouve une note positive pour conclure. La COP22 ? Euh… je n’ai pas compris ce qui en était sorti… de toute façon, entre le projet d’aéroport NDDL et la non fermeture de Fessenheim, je vois bien que la France ne tient pas ses engagements de la COP21, alors bon… et puis Trump, merde. Non, il ne faut pas chercher à l’international une note positive…

Revenons à ma petite vie. Des étudiants qui débattent entre eux du greenwashing, qui pigent d’un coup que le cours du pétrole influence le cours du riz, qui restent tard le soir « parce que le projet, il est super m’sieur ». Mes enfants qui commencent à comprendre le monde, qui me surprennent jour après jour. La dernière : « la médiathèque c’était mieux que la fête foraine » euh… ?!? Ma petite femme qui peut envisager sereinement son activité sans pression économique.

Ouf, j’ai quand même trouvé ce qui permet de regarder devant… 2016 se termine de façon merdique, espérons que 2017 sera meilleure. Mais pour les vœux, je n’ai même pas envie de trouver quoi souhaiter… quand je relis mes précédents vœux, et que je vois ce qui s’est passé l’année suivante… alors pour 2017, je ne souhaite rien. Vraiment rien : ne penser à rien, faire le vide de l’esprit, trouver une paix intérieure. Ça se peut ça ???

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Published by Dany - dans pfffffff
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Pierre 19/03/2017 18:55

Salut Dany,
Ne t'inquiète pas, je ne te tiendrai pas rigueur pour cette explication de texte, mais j'ai tendance à croire qu'avec le temps et l'évolution du mal dans notre monde; les mots ont tendance à changer de signification...
Amicalement
Pierre

Pierre 14/03/2017 19:05

Bonjour Dany,
Une phrase a éveillé tout particulièrement mon intention :
"Tout cela m’a aussi refait penser à l’année 2010 à Thomson, avec un conflit compliqué, toutes proportions gardées, et les mêmes difficultés d’un collectif de salariés à rester unis dans un climat de stress? ".
Je tiens tout de même à signaler que le collectif des salariés (en profond désaccord avec un syndicat) siégeait dans l'entreprise sans leur famille pendant 3 semaines (sauf les week-end). Ce collectif a permis de mettre en place une caisse de solidarité (de plusieurs dizaines de milliers d'euros) pour financer en partie des jours de grève des salariés, donnant ainsi naissance à une association loi 1901 (182 mains pour demain) ... Ce même groupe d’acteurs dynamiques réunissait une partie d’anciens élus dégoutés de la manière dont on pouvait considérer les salariés… Les mêmes qui ont mis en place un blog d’information sur internet ou encore qui trouvèrent le temps et les moyens nécessaires pour mettre en place la réalisation d’affiches, d’autocollants et de tracts… Toujours les mêmes qui trouvèrent le moyen d’intervenir dans la presse locale sans l’étiquette syndicale … En tout, 3 semaines de blocage qui auront permis aux salariés licenciés de partir la tête un peu plus haute avec 40 000 euros d’indemnités en moyenne…
Malgré un vote journalier imposé aux salariés (en grève ou non) par un syndicat et pour approuver soi-disant une grève à durée indéterminée, le collectif des salariés a su rester soudé en dénonçant cette pratique jugée un peu cavalière, en voyant dans cette démarche une façon de proposer aux salariés, une grève journalière reconductible. Cela dit en passant, le même syndicat passait plus de temps à se demander comment fonctionnait ce collectif, plutôt que s’inquiéter de la façon dont leurs membres allaient manger ou dormir… AH, Culture d’entreprise, quand tu nous tiens…
Et bien heureusement qu’ils ne paraissaient pas unis ces gens-là, parce que si l’état de siège avait duré plus de trois semaines, bien malin celui qui aurait eu l’idée de ce qui se serait réellement produit… Le désaveu de certains membres du personnel aurait peut-être rendu possible…
Alors désormais, qui peut prétendre avoir la connaissance du climat qui peut régner dans un collectif de salariés, quand il n’en est pas un membre actif ?
Bien cordialement
Pierre

Dany 16/03/2017 21:53

Salut Pierre,
une précision importante: dans ma phrase, le "collectif de salariés"désignait l'ensemble des salariés du site, qui n'était pas uni mais qu'il fallait tenter de garder soudé et solidaire pour que le combat porte ses fruits. Et tu sais comme moi que l'ensemble des salariés ne pensait pas la même chose que les collègues du campement, que l'on a appelé "le collectif" pendant notre combat.
Je ne prétends rien, ni tout savoir, ni avoir su à l'époque ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Je reste très humble face aux évènements, et il est certain que l'action des collègues du campement a été déterminante. Je voulais juste dire dans ce texte que j'ai retrouvé parmi mes collègues actuels le même genre de débats et de difficultés que j'ai ressentis à Thomson. Car à Thomson, je sais parfaitement ce que moi j'ai ressenti, même si ce n'est pas la même chose que ce d'autres ont ressenti. J'arrivais à parler avec de nombreuses personnes, ce qui m'a permis d'entendre des divergences fortes...
Je n'ai pas besoin d'avoir été parmi les campeurs pour ressentir des choses. Pour autant, je ne prétends pas savoir mieux qu'eux ce qu'ils vivaient, évidemment. Je respecte profondément ce qu'ils ont (ce que vous avez) fait. Sois-en certain.
Maintenant, je ne regrette rien de ce que j'ai fait ou dit pendant cette période... Et je ne sais toujours pas ce qu'il fallait ou ne pas faire de mieux... c'est fait, et on ne pourra pas réécrire l'histoire.
Ne cherchons pas à nous opposer... il y a eu des divergences dans la façon dont on pensait devoir mener la lutte, mais nous avions tous la même conviction qu'on nous volait notre travail. Ne nous trompons pas d'ennemi.
Ne sois pas offusqué de la phrase que j'ai écrite dans mon texte. Elle ne critique en rien la façon dont vous avez mené et géré le "siège" de l'usine, car, je le répète, elle visait l'ensemble des salariés du site.
Salutations solidaires, camarade!

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