Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 23:03
Fin 2004, j'arrive dans une des filiales de Thomson à Rennes, en tant que prestataire de service. Je trouve que l'ambiance est bonne, le travail me plaît, et les conditions salariales semblent attractives... alors j'essaie de me faire embaucher. J'y parviens début 2006, dans une autre filiale de Thomson, toujours à Rennes. Dans cette filiale, depuis 1999, le temps de travail est régi par un accord signé par la direction et les trois syndicats présents: CFDT, CGT, FO. Les principes sont simples: tout le monde compte ses heures (même les cadres) grâce à des badgeuses, les journées de travail sont de 8h (en moyenne), et on est en RTT un vendredi sur deux. On a 9 jours de RTT supplémentaires dans l'année, pour ne pas dépasser la moyenne de 35h/semaine (34,65h/semaine pour être précis). Ce qui fait qu'on travaille environ 193 jours/an (jour de solidarité inclus).

Un vendredi sur deux, c'est un sacré argument pour apprécier l'entreprise! Je passe donc tout 2006 et 2007 en profitant d'un week-end sur deux qui fait trois jours. Et j'adore! En plus, pour moi qui suis régulièrement sollicité pour travailler toujours un peu plus, la badgeuse me protège. Quand j'ai fait mes heures, je peux dire « stop »! Et en 2008, j'étais en temps partiel à 90% qui me permettait d'avoir tous mes vendredis en RTT, et de ne perdre que 10% de salaire.

Sauf que... en 2005, Thomson a racheté une filiale de Thalès qui travaille sur des produits complémentaires à la mienne. Et fin 2006, Thomson décide de fusionner ces deux filiales! Mais Thomson ne réalise pas tout à fait une fusion. Il s'agit d'une TUP (Transmission Unique de Patrimoine) de ma filiale vers celle nouvellement achetée. Autrement dit, ma filiale est dissoute (et ses accords d'entreprise aussi), et absorbée par l'autre filiale. Cette dissolution-absorption prend effet le 1er juin 2007. Juridiquement, cela signifie qu'à partir du 1er juin 2007, les accords d'entreprise de ma filiale sont dénoncés, et qu'il faut les renégocier dans le périmètre de la nouvelle entreprise « fusionnée ». Pour chacun des accords, au bout de 15 mois (3 mois de préavis + 12 mois de négociation), soit on a trouvé un nouvel accord, soit on applique l'accord de la filiale absorbante.

Et en matière de temps de travail, cette filiale absorbante a des dispositions nettement moins favorables! Pour résumé, il faut travailler 211 jours/an (jour de solidarité inclus), et les cadres, dans leur immense majorité, sont au forfait en jours. C'est-à-dire qu'ils ne mesurent pas leur temps de travail et qu'il n'y a aucune limite à la durée des semaines... Vous aurez donc compris pourquoi la dissolution-absorption s'est faite dans ce sens là...

La négociation a duré jusqu'à fin 2008 (plus que la durée légale, par accord des parties). Mais elle n'a abouti que sur ceci: 203 jours/an pour les non-cadres, avec une augmentation annuelle du temps de travail de 39h. Avec ce nombre de jours, impossible d'avoir un vendredi sur deux. Pour les cadres, 206 jours/an de travail, avec « choix » entre un forfait en jours ou un forfait annuel en heures pour les cadres pas trop haut dans la hiérarchie (dans ce dernier cas, augmentation annuelle du temps de travail de 64 heures, et protection hebdomadaire uniquement lorsqu'on atteint 48h/semaine, sans pour autant compter des heures supplémentaires!).

Voilà ce que la direction de Thomson nous a proposé, après des mois de négociations marathon (36 séances en tout, dont la moitié sur le seul sujet du temps de travail...). Et là, que voulez-vous qu'on fasse?! Étant piégés par le sens de la dissolution-absorption, on a bien été obligé d'accepter, puisque sans cela c'était pire... voilà pourquoi on a signé ce texte rétrograde malgré tout. (Et pour couronner le tout, la direction veut fermer un service de 20 salariés -le labo Caméras- et n'a que des licenciements comme « solution ». Calcul arithmétique simple: l'augmentation du temps de travail correspond à 20 emplois... trop fort non?). Voilà comment nos 35h ont été cassées... dans un contexte politique revenchard, notre direction s'est senti pousser des ailes.

Personnellement, je ne peux plus être à 90% et avoir tous mes vendredis. La direction ne veut même pas que je sois à 90% en ayant un vendredi sur deux. J'ai le choix entre: plein temps, 90% avec 4 jours et demi travaillés par semaine (débile de faire le trajet aller-retour pour une demie-journée...), ou 80% avec 4 jours travaillés par semaine. En clair tout est fait pour empêcher le 90% qui séduisait tant de gens auparavant. Donc, pour des raisons financières, je suis repassé à temps plein. Je travaillerai désormais tous les vendredis. Je suis amer, ça va être dur demain matin, pour le premier de l'année... ces p....s de dirigeants de droite, qu'ils soient au gouvernement ou dans les directions d'entreprise, ne l'emporteront pas au paradis. Ce n'est pas comme cela qu'on motive les gens!

Partager cet article

Repost 0
Published by Dany - dans travail
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Dany
  • : Mes états d'âme, mes réactions par rapport à l'actualité, etc.
  • Contact

Recherche