Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 17:22

Depuis peu de temps, je paye mes cotisations au RSI (Régime Social des Indépendants = la sécu des patrons). Avec mon dernier appel de cotisations de la partie maladie, j’ai reçu une lettre d’informations des présidents des conseils d’administration des caisses « RSI maladie des professions libérales de Paris et de Province ». – Au passage, il y a un nombre de caisses incroyable pour « le RSI » : quand j’entends des patrons demander à l’Etat de simplifier son administration, ça me fait bien rigoler ! Commençons par simplifier les caisses patronales pour faire des économies d’échelle… bref ! -. Donc, j’ai reçu une lettre d’informations qui commence par « parlons de ce qui fâche » et qui fustige les hausses de cotisations décidées récemment par le gouvernement. Je cite en vrac : « dénoncer cette anomalie » « augmentation brutale » « solidarité dont les professions libérales ont toujours fait preuve »…

Avant de détailler la hausse qui fâche, il est important de préciser certaines choses pour le lecteur qui ne connait pas le système des indépendants, autrement dénommés « travailleurs non-salariés »  (TNS). Le TNS (patron de l’entreprise), se verse un salaire net, puis paye des cotisations dans les différentes caisses du RSI en fonction de ce salaire (maladie, vieillesse, famille, etc.). Le total des cotisations varie de 40 à 45% du salaire net, en fonction de la branche d’activité et du montant du salaire. Pour un salarié, ce pourcentage varie de 60 à 80% (total des cotisations salariales et patronales). La différence ne s’explique pas seulement par la cotisation chômage, que n’ont pas les TNS. Les autres cotisations sont plus faibles pour les TNS que pour des salariés. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas ! Même si j’ai bien une idée… Donc, ce système fait qu’il est bien plus avantageux pour un patron d’être TNS plutôt que salarié.

Et donc, parmi les diverses mesures prises par le gouvernement pour renflouer les comptes des caisses de sécurité sociales, il y en a une qui touche la cotisation maladie des TNS :

Avant : cotisation de 6,5% du salaire jusqu’au plafond de la sécurité sociale (37 032 €/an), puis 5,9% jusqu’à 5 fois le plafond (185 160 €/an). Au-delà de ce plafond, aucune cotisation n’est due au titre de l’assurance maladie.

Désormais : cotisation de 6,5% quel que soit le salaire, sans plafond.

Et voilà donc que nos présidents de caisses se plaignent qu’on se mette à taxer les revenus supérieurs à 185 160 €… oui oui, vous avez bien lu ! Nos patrons patronaux sont mécontents qu’on demande un peu de solidarité à ceux qui gagnent plus de 15 430 € par mois ! Tout en se targuant d’une solidarité « dont les professions libérales ont toujours fait preuve ». J’hallucine ! Jusqu’à présent, ils n’étaient pas du tout solidaires pour la part de revenu qui dépasse cette somme énorme, et désormais ils le seront, en toute logique. Car la logique, rappelons là, c’est « cotise selon tes moyens, reçois selon tes besoins ». Donc, le déplafonnement des 185 160€ n’est qu’un rétablissement du principe de base, qui ne privera la personne concernée de rien du tout. Au-delà de 15 430€ par mois, je crois qu’on vit assez bien, non ?

Pour compléter la lettre d’information très partisane, quelques exemples de « hausses » de cotisations sont donnés, pour des revenus du 200 000, 250 000, et 300 000 € ! On croit rêver ! Les patrons qui gagnent autant sont-ils si nombreux ? Et cela leur posera-t-il vraiment problème ?

De plus, même après cette hausse de cotisation et quelques autres (comme l’assujettissement des dividendes du gérant majoritaire aux cotisations sociales, lui aussi très logique. Cette faille énorme a profité à de nombreux patrons, petits ou grands, pour éviter les cotisations. La fin de cette anomalie est une mesure juste et solidaire), le statut de TNS reste bien plus avantageux financièrement que le statut de salarié. Alors arrêtez de vous plaindre, et soyez heureux que quelqu’un cherche à sauver les caisses de solidarité au lieu de les vider de leur substance comme précédemment… Parce que si la solidarité face à la maladie n’existe plus, alors les salariés auront du mal à revenir vite au travail après une maladie. Et sans salariés à leur poste, terminés les salaires patronaux à 200 000 € !

Partager cet article

Repost 0
Published by Dany - dans travail
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Dany
  • : Mes états d'âme, mes réactions par rapport à l'actualité, etc.
  • Contact

Recherche