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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 10:13

On parle beaucoup en ce moment du stress au travail. Il y a longtemps que j’y ai réfléchi, puisque j’ai moi-même quasiment toujours été confronté à la pression. Il parait même que c’est « normal » pour un ingénieur (donc un cadre) d’avoir de la pression! Mais passons…

Tout le monde est d’accord pour dire que les causes majeures du stress au travail sont l’organisation, les objectifs individuels, et les conflits entre éthique personnelle et le travail demandé, etc. Soit. Mais d’où viennent ces 3 sources majeures ? D’une seule source : l’exigence de rentabilité de plus en plus élevée. Ça, beaucoup de monde est d’accord pour le dire, mais pas tout le monde ! C’est déjà moins que pour les causes précédentes. Ça me parait pourtant évident : pourquoi mettre autant de pression sur les gens si ce n’est pas pour gagner toujours plus ? Il suffit d’avoir été salarié d’une entreprise pour le savoir... Ou alors, pour économiser plus. Ce qui ramène dans le champs de la pression les fonctionnaires, qui sont aussi touchés par ces exigences de rentabilité, même si c’est à un degré moindre que les entreprises privées.

Alors que faire ? On peut blablater des semaines et des mois, il faudra bien arriver au fait qu’il faut exiger moins de rentabilité ! A tous les niveaux des entreprises. Ça c’est facile à dire, mais comment on fait ça ? Il faudrait déjà que le ou les propriétaires de l’entreprise (les actionnaires) acceptent de gagner moins… Et là on touche au principe même du capitalisme ! L’entreprise est d’abord là pour gagner de l’argent, sauf exceptions minoritaires (coopératives par exemple)… Or, dans les débats, je n’entends jamais qu’il faudrait s’attaquer au capitalisme, à ce principe de base…

Et quand bien même, imaginons qu’un jour, une entreprise (y compris une coopérative) décrète : « ah bin finalement, cette année ralentissez un peu la cadence, on va y aller mollo » ! Eh bien c’est simple : la boite va couler. Car pour survivre, il faut bien gagner un minimum d’argent, donc il faut sortir les produits/services à un coût inférieur aux concurrents. Ces concurrents, s’ils trouvent un moyen de faire plus vite pour moins cher, ne vont pas s’en priver et vont rafler tout le marché. Il n’y a pas le choix, il faut produire à moindre coût (moins de salariés), le plus vite possible (en moins de temps). Donc de toute façon, quelles que soient les bonnes intentions du patron d’un boite, il faudra bosser toujours plus, sans augmenter autant les salaires. On peut bien faire des lois (48h/semaine, salaire minimum, etc), il y a une concurrence internationale, et il existe toujours moins cher ailleurs ! Donc, dans ce système, les salariés sont condamnés à devoir bosser plus et pour moins cher que la concurrence, et donc la pression s’accroit toujours. A tous les étages de l’entreprise. La concurrence porte en elle-même le principe de l’accroissement continu de la pression. Ça non plus, je ne l’entends pas dans les débats…

Capitalisme + concurrence débridée, voilà les sources du stress au travail.Je vais être traité de révolutionnaire, mais bon… il faut bien dire les choses, non ?

Alors maintenant que faire ? Aménager le capitalisme ? (« le moraliser » : vouloir gagner de l’argent à tout prix peut-il être moral ?). Limiter la concurrence ? (réintroduire des droits de douane aux frontières, protéger des marchés). Peut-être… mais on ne ferait que revenir quelques décennies en arrière, disons en gros entre 1945 et 1975 (les trentes glorieuses), et ensuite on glisserait de nouveau vers les mêmes dérives… d’ailleurs, en lisant des articles de ci de là, apparemment il y a déjà eu des périodes comme cela, qui ont toutes dérivées vers des crises majeures du capitalisme.

Donc pour moi, ce n’est pas vraiment une solution. Je ne vois pas d’autre choix que de remettre tout en cause, et de réfléchir à autre chose. Je n’ai pas de réponse toute faite, je n’ai que des embryons de réflexions. Mais il faut bien poser le débat. Pourquoi donc certains partis politiques (le PS en tête) et certains syndicats (la CFDT en tête), qui étaient dans les années 60-70 des moteurs en matière de réflexion sociétale, ne le font-ils pas en ce moment ?

 

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Published by Dany - dans travail
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