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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 17:22

... par les insultes que je reçois de la part des collègues que j’ai défendu du mieux que j’ai pu. Je reçois ces insultes par l’intermédiaire du forum d’un blog : http://grassvalley.over-blog.fr/article-redigez-vos-commentaires-sur-technicolor-grass-valley-49875952-comments.html#anchorComment

 

Je les reçois en tant que syndicaliste, membre de l’organisation syndicale majoritaire, et en tant qu’élu au Comité Central d’Entreprise, au sein duquel j’ai essayé (et parfois un peu réussi) d’arracher le plus que je pouvais. Lisez les quelques messages de ce forum, cela vous permettra de comprendre la suite…

 

Evidemment je suis outré par certaines comparaisons, mais j’essaie de garder mon calme. Je refuse de sombrer dans le pugilat entre collègues, car nous sommes tous victimes de la machine patronale infernale, qui ne raisonne qu’avec des dogmes et qui nous prend pour des moins que rien.

 

Alors j’explique, calmement, mes positions personnelles, en réponse aux attaques de certains. Je précise qu’il ne s’agit pas de positions officielles de mon organisation syndicale, mais seulement les miennes…

 

Que nous reproche-t-on ?

 

De « lâcher » ceux qui veulent continuer à se battre ? Mais le problème, c’est que je ne vois pas comment faire… je ne vois pas comment faire bouger la direction d’un pouce, et surtout, avant tout, je ne vois pas les collègues faire grève massivement. Car il faudrait au moins autant de grévistes qu’avant l’été pour que ça signifie quelque chose. Or je constate depuis la rentrée que beaucoup de gens se cherchent des solutions et ne sont plus dans la lutte collective. Je ne leur en veux pas, je ne fais que constater… Une grève à 20 ou 30, ça ne servira à rien malheureusement…

 

De « négocier un accord cadre » ? Eh bien, cela, je le revendique ! Il ne s’agit pas d’un accord sur le PSE. Car évidemment nous ne sommes pas d’accord avec le PSE. Le PSE est une chose, l’accord cadre en est une autre. Ce sont deux choses différentes. Il s’agit d’un projet d’accord (pas encore signé) qui permettrait de maintenir une unité de notre entreprise TGVF, malgré la filialisation. Cela permettrait une application du PSE comme si l’entreprise ne changeait pas. Cela garantirait une égalité de traitement pour tous les salariés, assorti d’engagements de technicolor au-delà de la vente d’une ou plusieurs filiales : financement du PSE, reclassements au sein des 3 filiales, reclassements dans le groupe technicolor, maintien des accords de l’actuelle TGVF, etc… Ces engagements font mieux que la loi, et ne sont pas négligeables. J’entends bien ceux qui disent que ça ne change rien pour ceux qui sont licenciés. Ils ont en grande partie raison. Je pense aux collègues de la production, ou encore de Brest, ou certains de Conflans, pour qui les reclassements ne seront jamais là… pour eux, accord ou pas, ça ne change rien (quoique… si une filiale « se plante » avant d’avoir payé tout ce qu’il faut comme mesures d’accompagnement, et qu’il n’y a pas eu cet accord-cadre, et bien ce n’est pas sûr que les gens licenciés bénéficient de tout ce qui se trouve dans ce PSE). Mais, par exemple, pour les 26 salariés « Broadcast » de Rennes, ça change des choses immédiatement ! Sans accord, pas d’obligation de recherche de reclassements dans Head-End après la cession du Broadcast (programmée pour bientôt), et pas d’obligation de recherche de reclassements dans technicolor. Pour ceux de Head-End licenciés après la vente (pas encore programmée officiellement, mais on peut estimer que ça ira vite), pas non plus de recherche de reclassements dans technicolor. Pour les ingénieurs et techniciens, ça compte… Je sais bien que ceci écarte encore une fois les ouvriers, et je le déplore autant que vous. Mais pour autant, faut-il tout rejeter ?

Et puis je pense aussi à ceux qui resteront dans chacune des 3 filiales. Sans cet accord, il faut qu’ils renégocient tous les accords d’entreprise en 15 mois. Je sais d’expérience (négos de 2007-2008 suite à la fusion-absorption GV-TBM) que ce genre de négos se fait toujours à la baisse… et puis, qui sera volontaire pour mener ces négos face aux DRH que vous savez ?

 

De ne pas mettre en balance l’accord-cadre avec le contenu du PSE, notamment le montant des indemnités ? Là, c’est un gros problème. Problème parce que pour augmenter le montant des indemnités, il faut un rapport de force. La menace de non signature ne pèse rien, parce que la direction sait très bien que la grève a peu de chances de repartir. Alors on s’acheminerait vers « pas d’accord », sans pour autant avoir de meilleures indemnités. Pour certains ça ne change rien, comme je l’ai dit plus haut. Pour les 26 « Broadcast » de Rennes, ça change des choses importantes… Cette mise en balance est un problème, parce qu’on met en balance les chances de reclassement de quelques-uns contre les hypothétiques primes des autres. On est en train d’opposer des salariés à d’autres salariés. Et moi je ne sais pas résoudre ça… Alors je ne mets pas en balance.

 

De  ne pas s’opposer aux postes proposés par le sous-traitant qui va produire à la place de l’usine qu’on ferme ? Sur ce point, évidemment, ça me fait mal au ventre, à moi aussi, de voir cela. Surtout à moi, d’ailleurs, qui ait passé tant d’heures à travailler sur le volet économique de cette restructuration, et qui ait concouru à démontrer en CCE le 8 juillet, que cette usine est viable, qu’elle peut redevenir rentable en 2012, et que ça coûte moins cher de la garder plutôt que de la fermer. Oui, j’ai mal de voir ces offres d’emploi au rabais, avec salaire plus faible, à 70km d’ici. Mais, il y a un mais. Plusieurs même. Le 1er, c’est qu’au point où nous en sommes, je n’ai plus de prise légale pour empêcher le transfert de production. Le 2è, c’est qu’on a œuvré au CCE pour que ces offres ne soient pas considérées comme des Offres Valables d’Emploi (OVE) car elles ont à + de 50km du domicile de la plupart des gens. Rappel : au départ la direction disait 75km, ce qui plaçait ce sous-traitant dans le périmètre des OVE… Tout cela signifie que personne n’est obligé d’accepter. Le 3è « mais », c’est que si quelqu’un n’habite pas trop loin, et préfère cela plutôt que rien, je ne vois pas pourquoi je m’y opposerais ! Je ne m’autorise pas à décider pour les autres. Chacun fait comme il le sent.

 

De ne pas s’associer aux réunions de certains avec des élus politiques de gauche, qui sont en train de se monter en ce moment ? Alors là, je pense que mes co-élus et moi n’avons pas de leçons à recevoir. Depuis le printemps 2009, nous avons rencontré tout ce qui se trouve comme élus municipaux, départementaux, régionaux, ainsi qu’à la préfecture et au ministère de l’industrie. Et nous avons particulièrement été suivis, côté rennais, par Rennes Métropole et par la Région (les deux échelons qui ont des attributions économiques directes). Nous les voyions très régulièrement, et nous les alertions dès que possible. Nous les avons vus presque tous les deux mois depuis 18 mois. Nos copains « centraux » ont aussi rencontré  le cabinet du ministère de l’industrie, 2 ou 3 fois. Nous avons tout tenté de ce côté jusqu’en juin 2010, jusqu’à ce que tous ces échelons nous disent à peu de choses près « on a beau intercéder auprès de la direction de technicolor, de toute façon rien n’y fait, vous n’avez plus qu’à négocier le PSE »… Evidemment, ça on ne vous l’a pas dit en direct, pour ne pas nous démobiliser collectivement en plein début de grève. Mais voilà, il faut bien dire les choses telles qu’elles sont. Rien n’y a fait côté politique. Mon analyse personnelle est que de nombreux courants politiques se sont désarmés eux-mêmes face aux pouvoirs financiers, lorsqu’ils étaient au pouvoir, et maintenant ils ne peuvent qu’avouer leur impuissance… Alors aujourd’hui, après la bataille, retourner faire des réunions avec des élus locaux ? Excusez-moi, mais je sais d’avance que ça n’apportera rien. C’est malheureusement trop tard, à mon avis. A moins que ce soit moi qui ait été mauvais du début 2009 à juin 2010, et que certains pensent y arriver mieux. Dans ce cas allez-y, je n’empêche personne de le faire, et ne me reprochez pas de ne pas y aller.


Tout ça pour dire, mes chers collègues : ne vous trompez pas d’ennemis ! Peut-être que mes co-élus et moi on ne fait pas tout comme vous vous auriez fait, mais n’allez pas jusqu’à nous prendre pour les pires des traitres ! Nous agissons, avec notre conscience, et à chaque instant, pour ce que nous pensons être l’intérêt général. Si vous estimez pouvoir faire mieux que nous, et bien moi je laisse la place ! Je ne souhaite à personne de vivre l’enfer des négos sur fonds de licenciements, des nuits blanches, des transports, des hôtels surfaits, des crises de nerfs, tout cela sans avoir le temps de penser à soi et à sa famille. Le sens du sacrifice a ses limites. Une des limites, c’est ma propre santé. Une autre, c’est ma famille.

 

Ne nous demandez pas la lune.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 17:10
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Published by Dany - dans politique
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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 13:44

... elle sera confiée à un spécialiste des plans sociaux!

 

Je vous renvoie vers ces deux articles du blog du collectif, qui eux-mêmes se basent sur la presse économique:

grassvalley.over-blog.fr/article-la-fin-de-la-production-de-grass-valley-est-programmee

grassvalley.over-blog.fr/article-tgvf-confie-sa-production-a-un-specialiste-des-plans-sociaux

 

Quel gâchis... quand je repense à toutes les compétences qu'on a dans cette usine, à tout ce savoir-faire accumulé qui fait ses preuves chaque jour avec des produits fiables... ça me fout les boules...

 

On pourrait garder une usine (certes redimensionnée), pour un coût plus faible que de la fermer. Quelle soumission aveugle à des dogmes absurdes de la part des dirigeants de l'entreprise et du groupe technicolor! Même avec les chiffres sous les yeux, ils continuent à ne pas voir ce qui crève les yeux. Préfèrent-ils vraiment assumer un gâchis industriel et humain plutôt que de sauver ce qui peut encore l'être ? Ce n'est plus de l'aveuglement, c'est de la culpabilité...

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Published by Dany - dans travail
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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 14:16

Pendant mes congés, j'ai pu souffler un peu... j'ai pensé à autre chose, et notamment à tout ce qu'on pourrait faire pour sortir de notre folie consumériste, de notre mode de vie stressant, pour éviter de courir à notre propre perte...

J'ai rencontré un couple vraiment très sympathique, qui arrive à vivre sans -trop- perdre la tête! Vous pourrez les trouver là: http://www.accueil-paysan.com/hote.asp?fiche=2910 Si vous cherchez un endroit pour vos prochaines vacances, je vous le recommande! Ne craignez pas l'éventuel mauvais temps, car une ou deux soirées à disucter avec les hôtes suffiront à vous détendre!

Et puis, une semaine après ma "rentrée", j'ai toujours du mal à travailler intensément, alors il m'arrive de faire une "pause internet" de temps en temps. Voici ce que j'ai trouvé, que je vous recommande... http://www.colibris-lemouvement.org/

 

Bon courage à tous...

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Published by Dany - dans décroissance
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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 14:03

J'ai repris le boulot lundi 23, après 3 semaines de congés. Pendant ces 3 semaines, j'ai eu du mal à oublier notre combat collectif à Grass Valley, pour l'emploi et pour des conditions de départ acceptables. Je n'ai vraiment réussi que la dernière semaine. En arrivant lundi, je pensais être suffisamment reposé, mais je me suis aperçu dès mardi que j'avais sans doute encore beaucoup de séquelles...la boule au ventre, l'envie de faire demi-tour sur la route, les épaules lourdes... je sens que ce sera long avant d'avoir envie d'allumer le PC le matin...

Je ne sais pas ce que les collègues décideront pour une reprise de la grève ou non, mais quoi qu'il en soit, il sera difficile pour moi comme pour les collègues croisés ces deux derniers jours, de nous remettre au travail. La direction a tout cassé. Cassé l'emploi, cassé la logique économique, cassé la motivation. Même pour ceux qui ne sont a priori pas menacés. Tous ceux avec qui j'ai discuté font ou ont fait leur CV. Tous scrutent les offres d'emploi. Je ne sais pas comment l'entreprise va s'en remettre avec une telle démotivation, que je n'ai jamais vue nulle part en 12 ans d'expériences diverses.

Demain jeudi, nous retournons en CCE à Conflans pour parler de la découpe en 3 entités légales de notre entreprise. ça va être difficile de se rasseoir devant ce PDG et cette DRH... à suivre...

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 16:21

Après 4 semaines de grève de mi-juin à mi-juillet, la première paye impactée est tombée en cette fin juillet.

 

Les salariés ont créé une association nommée « 182 mains pour demain », et lancé un appel aux dons pour soutenir ceux d'entre eux qui sont mis en difficulté financière par le dégrèvement des jours non travaillés sur leur salaire.

 

Pour soutenir les salariés de TGVF de Rennes dans leur lutte, vous pouvez adresser vos dons à l’adresse suivante : Association 182 mains pour demain, 30 Square du Grand Placis, 35700 Rennes.

 

Chaque petit soutien compte, et aidera ceux qui se battent contre les licenciements arbitraires, qui n'ont rien d'économique. Merci d'avance...

 

Si vous souhaitez adresser un message écrit aux grévistes, vous pouvez aussi visiter le blog du collectif: http://grassvalley.over-blog.fr/ et laisser un message sur le forum.



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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 16:40

Ce CCE était censé être celui du recueil d'avis sur le PSE. En principe, d'après la direction, on n'était pas censé y apporter de modifications, ni négocier quoi que ce soit. Sauf que malgré trois versions de document envoyées la veille, les tableaux d'effectifs et de suppressions de postes n'étaient toujours pas bons! De plus, certaines tournures de phrases prêtaient toujours à confusion.

Il a donc fallu faire des modifications en séance, encore une fois... Et puis, même si la direction ne souhaitait pas négocier, nous leur avons tout de même indiqué, en insistant lourdement, que le nombre de reclassements fermes était toujours largement insuffisant (30 postes à Rennes seulement, pour 300 suppressions de postes!), et que les indemnisations étaient aussi largement insuffisantes! La direction est restée butée jusqu'à 19h, où elle a seulement laché 2500 euros supplémentaires pour ceux qui ont plus de 30 ans d'ancienneté.

Après 9 heures de réunion, on entend dire que ce n'est tout de même pas grave s'il y a quelques erreurs dans les tableaux, que ça se règlera après, que ce ne sont que des questions mineures. Nous avons explosé, car tout de même, une erreur de 1 dans un chiffre, c'est une personne, un licenciement potentiel, un drame familial éventuel. Alors oui, une erreur dans un PSE c'est gravissime, c'est un problème majeur, et c'est inacceptable!

Vers 19h nous avons eu un document soit disant final, mais ce dernier comportait toujours des erreurs d'effectifs, (erreurs signalées le matin même!). La direction a insisté pour recueillir nos avis. Alors nous avons répondu ceci:

 

 

Sur le PSE :

A l’unanimité le CCE de TGVF se considère dans l’incapacité de rendre un avis sur le PSE tel qu’il est présenté ce soir 20 juillet à 19h, parce que les tableaux d’effectifs et de suppressions de postes sont toujours erronés et incomplets.

Sur les critères d’ordre et les catégories professionnelles :

A l’unanimité le CCE de TGVF refuse de rendre un avis sur les critères d’ordre des licenciements qui sont basés sur des catégories professionnelles illégales, arbitraires, et ciblant les personnes (292 catégories professionnelles pour 300 suppressions de postes).

 

La direction a considéré nos motifs légitimes et nos avis rendus.

Dans la nuit, à 3h25 du matin, elle nous a renvoyé par e-mail un nouveau document avec les corrections de tableaux! Ce qui prouve qu'elle reconnait les erreurs et qu'elle considère qu'il faut qu'on ait les corrections...

 

Hier jeudi 22, nous avions un Comité d'Etablissement rennais, qui décline la procédure en local, par rapport au CCE de mardi. Et bien figurez-vous que la direction n'a même pas remis aux membres du CE rennais la bonne version du document! Les élus n'avaient que la version de vendredi dernier, 5 fois périmée! Alors, sans surprise, le CE rennais a également refusé de rendre un avis...

 

Il faut retenir de tout cela que la direction de la filiale TGVF, comme la direction de technicolor, n'a aucune considération pour les représentants du Personnel, et à travers eux pour les salariés.

Non seulement ce projet de restructuration est mené sans aucune considération économique (voir l'article du 10 juillet ici), mais en plus la direction n'est même pas capable de mener les licenciements proprement, avec des tableaux d'effectifs et de suppressions de poste à jour. (pour mémoire, la première version du document est sortie le 30 mars, et ces tableaux ne sont toujours pas bons au 20 juillet... la direction nous dit qu'elle travaille sur ce projet depuis 2009... au départ il y avait 327 suppressions de postes, il y a eu 25 postes "sauvés", et maintenant on est à 300 suppressions de postes, cherchez l'erreur!).

 

Bref, l'incompétence se généralise, même dans la conduite des projets scélérats...

Je ne m'épanche pas sur le dégoût que j'éprouve aujourd'hui. Sachez juste que je leur ai dit en face ce que je pensais d'eux et de ce gâchis qu'ils auraient pu/du éviter.

 

Après ces marathons de réunions/négos chaque semaine, j'ai grand besoin de vacances. Alors je vous donne RDV fin août...

 

Bonnes vacances à tous, et surtout, pensez à vous!


 

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 10:47

Lundi et mardi nous étions à Paris pour ce qui devait être les dernières réunions des procédures économique (lundi) et sociale (PSE, mardi).

Lundi, après une séance longue (de 10h à 21h) et tendue, nous avons dû rendre un avis, conformément à la loi. Le voici:

Le CCE de TGVF émet à l’unanimité un avis négatif sur ce projet de suppressions d’emplois qui est massif, excessif et dangereux.

Les raisons de ce rejet sont les suivantes :

1.       La viabilité des 3 projets pour Broadcast (BCAST), Head End (HE) et Transmission (TRX) n’est pas démontrée, et de plus l’objectif de cession d’au moins 2 des 3 activités est fragilisé

2.       La plupart des contre-propositions du CCE, hormis la réintégration de l’assemblage tests Transmission, ont été refusées alors qu’elles étaient économiquement viables et moins couteuses pour le groupe Technicolor ; par exemple : maintien de la production en interne, maintien du BE à HE comme à BCAST, …

3.       Les exigences de ce plan résultent d’une orientation stratégique du groupe Technicolor (externalisation de la production, sous-traitance massive en R&D et au BE, abandon de technologies d’avenir comme les caméras sans fil …)

4.       La méconnaissance de la structure de l’entreprise conduit à supprimer des postes indispensables tels qu’au magasin, à la réception, à la gestion SAV, …

5.       La méthode qui sous tend ce plan privilégie la Gestion Prévisionnelle des Licenciements à la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, même si un engagement a été concédé de reclasser en CDI au moins 30 salariés de TGVF dans TRDF et aussi de proposer dans la bourse de l’emploi de Grass Valley, en vue d’un CDI, les 13 postes restants de prestataires à la R&D de HE.

En conclusion le CCE invite la Direction à poursuivre l’examen de toutes les contre-propositions émises lors de cette procédure.

 

Mardi nous avons revu tout le PSE, et ce fût laborieux au vu de l'impréparation des tableaux d'effectifs par la direction. Je ne suis d'ailleurs pas certain que les chiffres finaux soient corrects... Je vais directement à ce que tout le monde attend, et je résume les plusieurs heures d'échanges vifs entrecoupés de suspensions de séances: la CFDT et la CGT ont relayé la demande des salariés: "35000€ + 1 mois de salaire par année d'ancienneté + les ICL (indemnités légales ou conventionnelles), plafonnées à 120000€". La direction a refusé. La CGC a demandé de relever les propositions de la direction de 10000€ (tout en gardant les palliers en fonction de l'ancienneté). La direction a refusé. A la dernière minute, la direction a ajouté 5000 € pour ceux qui ont entre 5 et 15 ans d'ancienneté. Ce qui donne le schéma suivant:

moins de 5 ans d'ancienneté: 20000€, de 5 à 20 ans: 40000€, plus de 20 ans: 45000€. A comparer avec les ICL + 4 mois pour les moins de 50 ans, + 5 mois pour les 50 à 55 ans, + 6 mois pour les + de 55 ans. La meilleure option est retenue.

En fin de séance, nous étions censés rendre un avis, mais comme nous avons eu le document final à la dernière minute, nous avons demandé et obtenu de suspendre la séance jusqu'au 20 juillet.

 

Je tiens à préciser une chose, par rapport à certains commentaires lus sur le blog du collectif ou dans certains journaux: nous élus, nous ne sommes pas et ne serons jamais d'accord avec la direction tant qu'elle n'aura pas répondu favorablement à toutes nos demandes. Mais dans ce processus il ne s'agit pas d'une vraie négociation débouchant sur un éventuel accord, il s'agit d'une information-consultation dans un cadre légal très défavorable, qui nous oblige à rendre un avis dans un délai figé. Nous n'avons pas à signer un PSE (heureusement car je ne vois pas quel syndicaliste digne de ce nom pourrait signer un plan de licenciements !). Il s'agit d'une décision unilatérale de l'employeur, que nous essayons de modifier grace au rapport de force jusqu'au dernier moment de la consultation. Ne vous trompez pas d'ennemi, les élus font ce qu'ils peuvent avec les outils légaux qu'ils ont! Si les Français ont mis la droite au pouvoir ce n'est pas de la faute des syndicalistes...


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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 16:33

Tout d'abord, désolé de ne pas vous mettre au courant après chaque réunion, mais tout se bouscule et j'ai du mal à souffler. Je vous renvoie vers le blog du collectif de salariés qui est très bien tenu à jour : http://grassvalley.over-blog.fr/

 

Les dernières infos principales: la Direction a fait des propositions d'indemnisations lors du CCE du 8 juillet. Je ne les détaille pas, vous trouverez tout ça dans les articles publiés sur le blog du collectif. Evidemment ces chiffres ne plaisent pas aux collègues, il faut que la direction revoie sa copie si elle veut éviter l'explosion sociale que je pressens...

Concernant l'aspect économique, la dernière réunion a été extrèmement houleuse, aboutissant à un vrai "pétage de plombs" de votre rédacteur préféré! Durant cette réunion, nous avons eu les chiffrages de la Direction en réponse à la proposition alternative des élus: cette proposition permet un maintien de l'usine avec une cinquantaine de postes à terme (au lieu des 77 supressions d'effectifs actuellement programmées), et des départs échelonnés sur deux à trois ans (au lieu de la fin d'année 2010). La direction indique que notre alternative coûte trop cher, et que donc évidemment elle ne retient pas notre option. Mais en vérifiant bien tous les calculs, je me suis aperçu en séance (au passage: on a les documents en séance, donc on ne peut pas les étudier avant!) que notre option permet d'être bénéficiaire dès 2012! Ce qui est exactement le cahier des charges de notre PDG préféré pour le redressement des activités. Et je calcule que notre option va coûter 2,2 millions d'euros en 2011. Une seule fois, puisque le résultat devient positif en 2012. Alors je compare ces 2,2 millions au coût des licenciements des 77 salariés de ce secteur: 8,5 millions d'euros, selon les chiffres de la direction (coût total estimé de l'accompagnement des salariés licenciés). Si vous avez suivi, vous voyez que le maintien de l'usine coûte 2,2 millions, et que la fermeture coûte 8,5 millions. Même si vous êtes un gestionnaire froid et inhumain, vous choisissez quoi? Evidemment vous prenez le moins cher. Mais notre direction, non! Elle choisit le plus de casse humaine et industrielle possible! Alors évidemment je me suis fâché, suivi par tous mes collègues, et nous avons interrompu la séance.

Ainsi, la direction envoie le message qu'elle est prête à payer plus cher que nécessaire pour cette restructuration. Dans le même temps elle ne veut pas monter les indemnités pour des raisons prétenduement budgétaires. Et bien, le message adressé à la Direction par les salariés et leurs élus est simple: si elle n'a pas les moyens de payer des indemnités plus élevées, qu'elle maintienne l'emploi, puisque qu'il est prouvé qu'on peut le faire (au moins en partie). Ainsi on fera des économies qu'on utilisera pour mieux indemniser ceux qui seront malheureusement licenciés. Et si elle s'entête dans un projet qui n'a rien d'économique, qu'elle assume entièrement et qu'elle en paye le prix!

 

Lundi 12 et mardi 13, nous serons en CCE à Paris, en théorie les deux dernières séances de cette procédure... à moins que les salariés n'acceptent pas ce qui en sortira! Comme le dit à tout bout de champs la direction: "à chacun de prendre ses responsabilités"! A bon entendeur...

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:51
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